Pas de transport pour les médecins, pharmacies fermées et divers problèmes d’approvisionnement : les premiers couacs du confinement à Blida

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Le confinement total décidé par les autorités algériennes pour la région de Blida, le foyer principal de la pandémie du nouveau coronavirus COVID-19, souffre de plusieurs couacs. En effet, à cause de l’énorme mauvaise gestion des hauts responsables de l’Etat algérien, aucun dispositif sérieux n’a été prévu pour répondre aux besoins les plus essentielles de la population de Blida. Des besoins alimentaires et sanitaires que le gouvernement algérien aurait dû anticipé et couvrir pour ne pas mettre en péril la sécurité de la population de toute une wilaya dont le nombre avoisine les 1,5 million d’habitants. 

A Blida, le gouvernement algérien n’a rien prévu pour le transport du personnel médical et paramédical qui doit être mobilisé en permanence au niveau des hôpitaux de la wilaya afin de soigner et traiter les patients contaminés par le nouveau coronavirus. Plusieurs médecins ou infirmiers travaillant à l’hôpital de Boufarik ou l’EPH de Blida ainsi que le célèbre hôpital de Frantz Fanon ne résident pas dans la wilaya de Blida. Mardi, lors de la première journée de ce confinement total, ce personnel médical et paramédical était bloqué dans les immenses bouchons qui se sont créés tout au long de l’autoroute reliant Alger à Blida. Ces médecins ou infirmiers n’ont donc pas pu regagner leurs postes de travail alors que la lutte contre la pandémie du COVID-19 nécessite leur présence.

A cause de la gabegie dans laquelle travaillent les autorités algériennes, aucun dispositif garantissant leur transport n’a été mis en place. Il aurait été tout de même très facile de dégager un « couloir sanitaire » sur l’autoroute est-ouest pour permettre au personnel soignant résidant à l’extérieur de la wilaya de Blida de regagner les hôpitaux dans la région sans subir le moindre désagrément. Ces « couloirs sanitaires » sur l’autoroute peuvent être sécurisés par les forces de l’ordre qui sont fortement mobilisées par le gouvernement.

Sinon, pourquoi ne pas aménager des structures d’hébergement temporaires pour les membres du personnel soignant qui travaille dans la wilaya de Blida. Des logements de la wilaya, des structures hôtelières ou d’autres, dans une pareille crise sanitaire, le personnel soignant doit bénéficier de toutes les facilités imaginables pour sauver des vies humaines. Il est urgent de corriger cette maladresse impardonnable qui perturbe fortement le fonctionnement des hôpitaux de la région de Blida.

Et ce n’est pas la seule des maladresses. Le confinement total pratiqué dans plusieurs pays à travers le monde ne signifie nullement qu’il faut affamer la population ou la priver de couvrir ses besoins primaires. Or, à Blida, les autorités publiques n’ont prévu aucun dispositif pour permettre l’ouverture normale des magasins d’alimentation générale ou des supérettes. Certains de ces commerces étaient bel et bien ouverts mardi, première journée du confinement général, mais de nombreux autres commerces alimentaires ont été fermés par leurs propriétaires dans plusieurs quartiers de la ville de Blida et des localités de la wilaya. Il aurait fallu que le gouvernement algérien réquisitionne tous les commerces alimentaires et ordonnent leur ouverture tout en garantissant leur approvisionnement réguler.

D’autre part, force est de constater que de nombreuses stations de services ont été fermées dans la région de Blida. Encore une autre erreur fatale car le confinement général ne doit aucunement empêcher les gens qui entretiennent des activités essentielles, comme le personne soignant, les commerçants propriétaires de magasins d’alimentation générale, les pharmaciens et autres, de poursuivre leur travail et pour ce faire, il est nécessaire d’empêcher toute pénurie de carburants. Mêmes les véhicules de transport sanitaire comme les ambulances de la Protection Civile ou les ambulances des hôpitaux ne doivent pas être immobilisées faute de carburants. C’est de l’inconscience. Le gouvernement doit parer à cette situation en toute urgence.

De même pour les pharmacies qui n’ont pas le droit de fermer leurs portes et de cesser leur travail. Toutes les pharmacies doivent rester ouvertes. Or, à Blida comme dans plusieurs autres villes de la wilayas, des officines ont fermé livrant ainsi des malades chroniques ou des personnes fragiles dans le désarroi en l’absence de la possibilité d’acquérir des médicaments nécessaires à la préservation de leur santé. Idem pour les médecins généralistes ou spécialistes privés qui doivent continuer leur travail pour assurer le suivi de leurs patients et malades. Il est anormal de les contraindre à fermer faute de possibilité d’accéder à la wilaya de Blida ou de difficulté de trouver du transport dans les localités de la wilaya de Blida. Les médecins privés font partie du personnel soignant qui peut être réquisitionné pour faire face à la pandémie. Il faut donc lui accorder une attention particulière.

Les banques et les bureaux de Poste ont été également fermés alors qu’en période de confinement général, la population a toujours besoin de liquidités pour acheter des biens alimentaires. Malheureusement, le paiement en ligne et le paiement par carte bancaire sont totalement inexistants en Algérie, la population de Blida a besoin d’accéder aux bureaux de la Poste ou à des agences bancaires pour retirer du cash. Ces lieux devraient être maintenus ouverts avec un dispositif garantissant le respect des consignes sanitaires de protection contre la contamination au coronavirus.

Toutes ces bévues s’expliquent par l’amateurisme du gouvernement algérien qui aurait du charger le ministère de l’Intérieur de communiquer sainement avec la population de Blida pour lui expliquer les tenants et aboutissants de ce confinement général. Le ministère de l’Intérieur pouvait bel et bien mettre en place des directives claires et précises, avec des autorisations pour chaque activité du quotidien afin de veiller sur la bonne organisation de ce confinement général qui doit ralentir la propagation de la pandémie du coronavirus sur le territoire national.

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