Eclairage – La Crise du Coronavirus Va Anéantir Les Gouvernants Algériens.

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La pandémie due à la récente infection respiratoire aiguë et contagieuse, ayant pour origine virale le COVID-19, est devenue la préoccupation majeure de notre monde, tant elle a pu provoquer la désorganisation planétaire du système de santé ainsi que de graves perturbations de la vie économique et sociale de tous les Etats, les contraignant dans l’urgence à prendre une série de mesures sanitaires, mais également intersectorielle afin de protéger la population et réduire autant que possible le nombre des victimes du coronavirus.

Alors que nombre de gouvernants ont choisi de permettre à chaque citoyen de découvrir sur quelles bases les autorités construisent leurs décisions, et ainsi avoir ainsi une meilleure vision des choix et des actions individuelles à adopter pour la réussite du plan de lutte contre la propagation de ce virus mortel, l’Algérie a longuement hésité à prendre les mesures fermes que la rapide dégradation des situations constatées dans le monde impose.

Certes les scientifiques et les spécialistes en la matière le savent, toute crise de pandémie virale tient à l’incertitude, et s’il est possible de la réduire, on ne peut jamais vraiment l’éliminer totalement, particulièrement lors d’une mutation qui tend à rendre le virus plus virulent et contre lequel les défenses de la majorité de la population sont faibles ou nulles.

D’autant plus que dans le cadre de grippes pandémiques, on ne parle rarement de vague unique mais de vagues successives, séparées de quelques semaines, et qui durent en moyenne de 8 à 12 semaines pour chacune des vagues…

Cela peut expliquer pourquoi le Président Tebboune et son gouvernement semblent incertains face à un plan de lutte claire contre la pandémie grippale, alors que nous venons d’enregistrer une aggravation du bilan infectieux, une très probable saturation des services de soins et le passage au stade trois de la pandémie.

Le confinement, de plus en plus évoqué et demandé par le corps médical et une partie de la société civile, suppose une discontinuité de la vie sociale et de certaines activités d’importance vitale pour la société et l’État engendrant des pertes économiques importantes, est une décision qui parait lourde à prendre par les hautes autorités du pays, mais pourtant fondamentale pour accompagner ce fameux ‘’Stade 3’’ de la pandémie. Mais qu’en est-il au juste de celui-ci ?

La nomenclature des phases d’une pandémie grippale, adoptée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2008, permet de rendre compte d’une situation moyenne sur l’ensemble du globe.

Ces phases, adaptées sur les territoires nationaux, ont conduit à définir 4 stades, traduisant la progression de l’épidémie sur le territoire considéré et correspondant à 4 objectifs de conduite de crise pour l’application d’un plan de crise.

L’augmentation rapide du nombre de cas, caractéristique à cette phase, signe le début de la vague épidémique. Le stade 3 marque l’arrêt de la surveillance individuelle des cas par les autorités sanitaires et le passage à la limitation de la contagion par des mesures barrières afin de réduire la charge sur le système de santé, de limiter l’absentéisme au travail, de renforcer la capacité de réponse sanitaire.

Exemple pandémie grippale 2011 France

Au-delà de la « vague » du stade 3 du schéma ci-dessus, d’autres « vagues pandémiques » peuvent suivre quelques semaines, quelques mois, voire un, deux ou trois ans plus tard et peuvent être parfois plus graves que la vague initiale.

Pour faire face à cette crise sanitaire, le gouvernement algérien a mis tardivement en place une organisation dirigée par une cellule de crise multisectorielle, afin d’organiser et de planifier les mesures à prendre, en adaptant périodiquement un plan de lutte contre la menace du coronavirus.

Ainsi, il a été décidé que la préparation de déclinaison territoriale du plan de lutte devait incomber au Ministère de l’Intérieur et au Ministère de la Défense, l’adaptation périodique des déclinaisons zonales et départementales est plus du ressort des Walis, avec l’aide des collectivités territoriales, alors que les services municipaux s’affairent pour le soutien à la population…

S’il est normal que le maintien de la sécurité des installations dangereuses ainsi que le maintien de l’ordre public et du respect de la loi a encore été plus renforcé dans le cadre de la crise pandémique, il a été décidé par ailleurs de constituer des réserves en équipements et dispositifs sanitaires nécessaires avec une préparation des modalités d’appel des réservistes par les services de la Défense, de l’Intérieur et de la Santé, afin de faire face à la surcharge de travail sécuritaire et sanitaire que va susciter la crise liée au coronavirus.

Dans ce contexte et afin de maintenir le lien de confiance avec la population et favoriser l’adhésion aux mesures prises, il est fortement suggéré qu’un travail de sensibilisation et de concertation soit entrepris avec les journalistes et ne doit aucunement être négligé.

Cela permettra d’apporter les réponses attendues par une population légitimement inquiète, mais également pallier aux réseaux sociaux et aux fake news alarmants que des ignorants, pour la plupart, distillent sans connaissances et sans aucune maitrise en la matière.

Doit-on rappeler encore à nos dirigeants que les nouvelles technologies accordent une meilleure visibilité et davantage d’influence aux mouvances extrémistes et favorisent ainsi une bipolarisation politique dans les pays arabes, africains et asiatiques ? Il y a urgence Messieurs !

L’Algérie recèle de nombreux chercheurs en sciences sociales et humaines, en sciences de l’information, susceptibles d’être mobilisés pour constituer un groupe d’analyse à même d’élaborer et actualiser un plan de continuité d’activités en relation avec les administrations, les collectivités territoriales et des entreprises tout en désignant le maintien des missions essentielles à la vie collective : état-civil, ramassage des ordures, production d’eau, alimentation, traitement des eaux usées, maintien du chauffage collectif, services funéraires…

Ce que nous tentons de dire est que toutes ces décisions nécessitent un apport et une analyse scientifique et ne doivent AUCUNEMENT être laissées aux seuls fonctionnaires et imams !

Si cette stratégie de lutte sanitaire qui s’organise pour limiter l’impact de la pandémie, même dans l’incertitude, paraît inadaptée aux citoyens au regard de l’évolution de la situation, les stratégies de réponse et de communication se doivent être transparentes et la pertinence des choix réévaluée en permanence. En cela, l’action du gouvernement ne laisse aucune place à l’incompétence et à l’amateurisme !

Enfin, l’autre grand acteur national de cette lutte est le citoyen algérien. C’est par son implication volontaire, son grand sens civique démontré lors de grands évènements : Inondations de Bab-el-Oued, Hirak, Tremblements de terre, et par son effort de solidarité reconnu, qu’il doit prendre en charge ses parents âgés, les personnes isolées et la garde de ses enfants dans un effort de confinement volontaire.

L’Algérie doit se remettre sérieusement en question face à la baisse des prix du pétrole, au ralentissement de sa croissance économique, face à son retard technologique et l’essor d’idéologies d’exclusion, religieuses ou nationalistes, qui menace son intégrité.

Les failles du système de santé algérien et du contrôle des maladies ont rendu la pandémie du coronavirus plus difficiles à gérer, augmentant les risques de contagion et de morts…

L’incapacité flagrante de nos gouvernants à affronter ou à accompagner les changements dans un monde de plus en plus ouvert vont nous précipiter vers des risques incontrôlables. Cela risque de compromettre l’avenir d’une population qui ignore les questions d’environnement, du réchauffement climatique, la pollution, la lutte pour les ressources naturelles et les risques de grandes pandémies.

Quand a-t-on une seule fois pensé à mettre en place en Algérie une ingénierie génétique et biotechnologique, à même d’aider à la prévention de maladies et permettre de meilleurs diagnostics et traitements dans la lutte contre la résistance antimicrobienne et la propagation de maladies infectieuses ?

Les services diplomatiques de l’Algérie ont-ils efficacement informé l’Etat de la propagation de l’infection due au coronavirus dans les différents pays ? L’Etat a-t-il réagi à temps en anticipant le fléau à venir ?

Tant encore de questions qui se posent et dont le défaut de réponses nous conforte dans notre perception de la médiocrité d’un pays géré par des incompétences aux idées rétrogrades et mortifère, au détriment d’une jeunesse aux aptitudes doctes et éclairées, mais malheureusement marginalisées.

Avons-nous vraiment les bons Gouvernants ? Cette crise du Coronavirus va-t-elle les anéantir après les avoir mis à nue?

Wait and see ! (attendons pour voir)

Amir Youness

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