Le ministère de la Santé algérien perd totalement la maîtrise de la situation : 2600 cas suspects qui n’ont toujours pas été dépistés faute de moyens et de bonne organisation

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En un week-end, l’Algérie déplore le décès d’au moins 5 personnes contaminées au COVID-19. En 48 heures, le bilan des personnes décédées en Algérie du COVID-19 a augmenté de 50 % ! C’est une véritable catastrophe sanitaire. Le taux de mortalité de la pandémie du coronavirus en Algérie avoisine, désormais, les 12 % ! Du jamais vu ailleurs dans le monde. Les cas contaminés recensés officiellement sont de l’ordre de 139 cas alors que le nombre de ces cas était seulement de 95 cas jusqu’à hier vendredi.

Comment peut-on expliquer de telles augmentations vertigineuses en 24 heures ? Algérie Part a convaincu un fonctionnaire du ministère de la Santé de se confier sous couvert de l’anonymat. « Je pense que beaucoup d’Algériens l’ont compris : nos chiffres n’ont aucune relation avec la réalité du terrain. Nous sommes totalement dépassés par la situation et la rapidité de la propagation de la pandémie. Nous n’avons ni les moyens logistiques ni la bonne organisation pour pouvoir cerner réellement les proportions de cette maladie », explique de prime abord notre source.

« Il y a beaucoup de négligence. Je l’avoue. Le gouvernement et la Présidence de la République ont beaucoup sous-estimé le danger pensant à tort que le climat doux de l’Algérie allait ralentir cette pandémie. C’était une erreur fatale », confie notre source selon laquelle le mode de fonctionnement de notre actuel système de Santé ne permet nullement de prémunir le pays contre les dangers de la pandémie du coronavirus. « Nous sommes un grand pays. Le plus grand en Afrique. Le nombre de 15 morts est aujourd’hui une simple évaluation totalement imprécise », reconnaît encore ce fonctionnaire qui travaille régulièrement et quotidiennement avec le ministre de la Santé et suit de près le dossier de la pandémie du coronavirus dans notre pays. « Nos capacités de dépistage sont réduites à néant face à cette pandémie. Nous avons recensé officiellement au niveau de nos directions de santé des wilayas et les grands hôpitaux du pays au moins 2600 cas suspects qu’il faut dépister en toute urgence car ils présentent tous des symptômes du COVID-19. Mais l’institut Pasteur ne peut pas analyser tous ces échantillons et obtenir les résultats de plus de 100 tests par jour. Et encore, nous sommes dans un scénario optimiste car nous n’avons jamais testé les capacités réelles du laboratoire d’analyses de l’Institut Pasteur. Il faudra donc près d’un mois pour obtenir les résultats de tous ces cas suspects. Et pendant ce temps-là, la pandémie continue d’évoluer et chaque jour des informations sur de nouveaux cas suspects remontent au comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus (COVID-19) depuis les directions de santé des wilayas », révèle notre source.

Les explications de notre source nous aident à comprendre pourquoi beaucoup de cas décédés du COVID-19 n’ont pas pu être diagnostiqués dans les bons délais. « La plupart des nouveaux cas décédés ont été déclarés des cas de coronavirus plusieurs heures, voire des jours, après leur mort en raison de la lenteur des résultats de dépistage. Il y a probablement d’autres morts du COVID-19 que nous n’avons pas encore détecté et d’autres que nous allons repérer au fur et à mesure que les résultats du dépistage nous parviennent de l’Institut Pasteur d’Alger », relate enfin notre source qui dit craindre « le pire » si l’immobilisme du gouvernement se poursuit. « Beaucoup de médecins et d’experts ont fortement suggéré au comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus (COVID-19) de recommander à la Présidence de la République la proclamation du confinement général. Mais les politiques ne veulent pas de cette décision pour le moment. Pourquoi ? Personne ne le comprend », avoue notre haut fonctionnaire au ministère de la Santé.

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