DGSN : Mohamed Noui Sifi, l’homme qui a aménagé une villa à 20 milliards de centimes pour Hamel épargné par les enquêtes sur la corruption

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Le dossier d’Abdelghani Hamel, l’ancien puissant patron de la DGSN, à savoir la Police algérienne, l’un des dirigeants les plus emblématiques du régime Bouteflika, a fait couler beaucoup d’encre. Abdelghani Hamel fait l’objet de deux procès en cours au tribunaux de Blida et de Sidi M’hamed à Alger. 

A Blida, le procès de l’affaire impliquant Abdelghani Hamel, ancien Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), et Noureddine Berrachdi, ancien chef de Sûreté de la wilaya d’Alger, au 9 avril prochain. La décision de ce 2ème report du procès a été prise à la demande du collectif de défense des accusés, qui a invoqué plusieurs motifs, dont l’absence du témoin principal, l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh (détenu actuellement), en raison de son état de sante nécessitant une intervention chirurgicale, selon une attestation médicale présentée au tribunal, outre la « non réunion des conditions d’un procès public, à cause de la situation sanitaire traversée par la pays ».

Au tribunal de Sidi M’hamed (Alger), le verdict dans l’affaire de l’ancien Directeur général de la sûreté nationale (DGSN), Abdelghani Hamel et des membres de sa famille, sera prononcé le 1er avril prochain.  Le Procureur de la République près le Tribunal de Sidi M’hamed a requis lundi vingt (20) ans de prison ferme à l’encontre de l’ancien Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), Abdelghani Hamel et de son fils Amiar et quinze (15) ans de prison ferme à l’encontre de ses autres enfants, Mourad, Chafik et Chahinaz et dix (10) ans de prison à l’encontre de son épouse, Annani Salima, assortis d’une amende de huit (8) millions de dinars chacun, outre la confiscation de leurs biens saisis et comptes bancaires.

Cependant, force est de constater que dans ses deux procès, plusieurs poids lourds de la DGSN n’ont pas été convoqués ni inculpés. Et pourtant, il s’agit de hauts responsables de la Police algérienne qui ont servi les intérêts mercantiles du clan Hamel et sont impliqués dans des opérations financières illicites. C’est le cas de l’actuel patron de la Police des Frontières au niveau de la DGSN, Mohamed Noui Sifi.  Ce dernier dirigeait l’administration générale de la DGSN durant les années fastes d’Abdelghani Hamel, à savoir depuis 2011 jusqu’à 2019.

C’est Mohamed Noui Sifi qui gérait essentiellement les budgets colossaux de la DGSN, évalués à plus de 50 millions de dollars par an pour les équipements et plus de 2 milliards de dollars pour les salaires et le fonctionnement, à savoir l’équivalent de 253 milliards de dinars. Il s’agit d’un véritable trésor, la DGSN est l’une des institutions les plus riches en Algérie, qui était placé entre les mains de Mohamed Noui Sifi, l’un des hommes de main d’Abdelghani Hamel.

Et même après la chute de Hamel le 26 juin 2018, Mohamed Noui Sifi est resté à la tête de l’administration générale de la DGSN jusqu’à ce qu’il soit  nommé à la tête de la Police aux frontières (PAF) le 16 septembre 2019. En attendant, personne ne s’est penché sur le bilan occulte de ce haut responsable de la DGSN qui avait, tout de même, usé impunément de l’argent public de la police algérienne pour financer les lubies du sérénissime Abdelghani Hamel.

Preuve en est, en 2011-2012, Mohamed Noui Sifi a consacré la coquette somme de 20 milliards de centimes puisé du budget de la DGSN pour aménager une villa luxueuse au niveau de la direction de l’administration générale situé à chemin Abdelkader Gadouche, ex-chemin de la Madeleine, à Hydra. Cette villa a été érigée à la place de l’ancien siège de la commission de discipline de la DGSN. Il s’agissait d’une villa coloniale qui a été détruite pour laisser de la place à une villa moderne qui servira de domicile à…. Abdelghani Hamel. Une sorte de logement de fonction, mais luxueux et très huppé dédié au confort au patron de la police algérienne et financé avec de l’argent public.

Cette villa privée n’a jamais fait l’objet d’une quelconque enquête pour dilapidation de deniers publics. Elle n’a jamais été citée dans un quelconque dossier. En réalité, toute la gestion d’opaque de l’immense budget de la police algérienne n’a jamais fait l’objet d’une commission d’enquête. Et après avoir sévi de longues années sous la coupe de Hamel, Mohamed Noui Sifi n’a jamais été inquiété et se retrouve à la tête de la PAF sans avoir à rendre des comptes. La justice algérienne ne lui a jamais adressé une convocation officielle en dépit de son rôle clairement défini dans les affaires de détournements de l’argent public de la DGSN. Algérie Part poursuit son enquête et reviendra sur ce dossier avec de nouvelles révélations.

 

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