Il veut attendre jusqu’au 11 avril pour passer au stade 3 : l’imprudence inconsciente de Tebboune expose la vie des Algériens au danger

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Alors que le monde entier se prépare pour affronter sérieusement la pandémie du coronavirus, l’Etat algérien adopte seulement des petites mesurettes sans prendre conscience que le pire arrive si on continue à perdre du temps. Aujourd’hui jeudi, la Présidence de la République a rendu un communiqué au cours duquel elle annonce un nouveau dispositif censé protéger les Algériens et Algériennes contre le COVID-19. 

Le chef de l’Etat a décidé ainsi d’ordonner la suspension des liaisons ferroviaires et les transports collectifs urbains et inerwilayas. La Présidence a annoncé également la mise en congé, sans effet sur leur salaire, de 50% des fonctionnaires, hormis ceux des services vitaux, ainsi que des femmes travailleuses ayant des enfants en bas âge.  Un décret exécutif du Premier ministre sera publié prochainement pour expliquer les tenants et aboutissants de cette décision.

Par ailleurs, les cafés et restaurants seront fermés temporairement dans les grandes villes. Ces mesures prendront effet à partir de dimanche 22 mars à 1h00 (du matin) jusqu’au 4 avril et pourront être levées ou reconduites en cas de besoin.

Le président a en outre ordonné de réguler le marché afin d’éviter les pénuries des produits alimentaires de base, et chargé le ministère de l’Intérieur de coordonner avec les ministères du Commerce et de l’Agriculture de traquer les spéculateurs et de prendre les mesures adéquates à leur encontre, y compris la mise sous scellés de leurs entrepôts et locaux, leur dénonciation dans la presse et leur présentation devant la justice.

Ces nouvelles mesures ont été adoptées ce jeudi matin lors d’une réunion organisée au siège de la Présidence de la République, une réunion complémentaire à celle tenue le 17 mars courant, en présence du Premier ministre et nombre de ministres et de chefs de services sécuritaires concernés par la propagation de l’épidémie du coronavirus.

Au cours de cette réunion, il a été également décidé de renforcer la commission de veille et de suivi mise en place au niveau du ministère de la Santé par une commission scientifique, composée de grands médecins et d’experts. Djamel Fourar, directeur de la prévention au ministère de la Santé, est désigné porte-parole de cette commission scientifique. Enfin le ministère des Finances a été instruit de faciliter les procédures de dédouanement des produits alimentaires importés.

Sur le papier, ces mesures peuvent paraître intéressantes. Mais dans la réalité, aucune de ces mesures ne pourra arrêter concrètement le COVID-19. Ces mesures socio-économiques ne ralentissent nullement la contamination de la population au coronavirus. Les scientifiques les plus éminents du monde sont unanimes pour affirmer que seul le confinement de la population permettra de stopper ce virus meurtrier qui ravage la planète.

Mas face à cette réalité scientifique, Abdelmadjid Tebboune est en train de se comporter avec une inconscience inédite. A en croire Tebboune, rien ne nécessite encore de passer au stade 3, le seuil d’alarme le plus élevé d’un pays face à la pandémie alors que le taux de mortalité du COVID-19 en Algérie est le plus élevé au monde. Et rien que durant cette journée de jeudi, pas moins de 16 nouveaux cas ont été recensés à travers le pays.

Malgré ces données, Le président Tebboune estime que la situation s’éclaircira dans les dix premiers jours du mois prochain, à l’issue de la période d’isolement des derniers ressortissants algériens encore bloqués dans certains aéroports étrangers et qui sont rapatriés par vagues successives. En clair, Tebboune veut attendre jusqu’au 11 avril prochain pour décider s’il faut appliquer le confinement général en Algérie. Une prise de risque totalement dangereuse. Pourquoi faut-il attendre le rapatriement des algériens depuis l’étranger et le résultat des périodes d’isolement des ressortissants rapatriés depuis la France ? Le rapatriement des algériens depuis l’étranger n’a plus aucun impact considérable sur la pandémie en Algérie puisque le virus du COVID-19 s’est d’ores et déjà implantée dans 17 wilayas du pays.

Cette intrigante perte de temps dont se rend coupable Tebboune risque de coûter très cher à l’Algérie dont les autorités refusent de se conformer aux normes du confinement sanitaire en vigueur dans les plus développés et touchés massivement par le COVID-19. Faut-il attendre encore plus de morts pour se rendre à l’évidence et écouter enfin les consignes des scientifiques ?

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