Hospitalisation des premiers cas de coronavirus à Alger : panique générale et des médecins lancent des cris de détresse

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Plusieurs cas confirmés de coronavirus sont hospitalisés dans les établissements de santé publique à Alger. Il s’agit d’au moins 6 cas confirmés qui sont dans un état grave, a appris Algérie Part au cours de ses investigations. Ces cas sont hospitalisés à Mustapha Bacha, CHU de Béni Messous ou El Kettar. Il s’avère que la prise en charge de ces patients atteints de COVID-19 a suscité une panique générale au sein du corps médical algérien en raison du manque cruel de moyens logistiques et de matériel de prévention. 

Plusieurs médecins approchés et contactés par Algérie Part ont confié leur désarroi. Nos interlocuteurs ont dénoncé le manque chronique et terrible de masques, de gants chirurgicaux ou de lunettes de protection et des surblouses jetables. « Nous avons qu’une seule paire de gants médicaux que nous devons conserver toute la journée. Nous disposons d’une seule bavette. Nous ne sommes pas du tout protégés alors que nous devons nous mêmes rassurer les patients et les protéger », confie une médecin inquiète et apeurée par les défaillances des dispositifs mis en place par le ministère de la Santé.

« Nous sommes contraints d’acheter de nos propres moyens du matériel de protection alors que des agents de l’administration ou des responsables choyés par la direction de l’hôpital possède des masques respiratoires FFP2 (les plus protecteurs), des camisoles ou des lunettes de protection. Ils ne sont pas en contact avec les patients atteints par le COVID-19 et c’est nous qui sommes en ligne de mire », déplore un autre médecin qui témoigne tout son dégoût face à cette indifférence inédite.

D’autres médecins s’élèvent tout simplement contre les mensonges colportés par Abdelmadjid Tebboune lors de son dernier discours donné aux Algériens pour les rassurer face à la menace du coronavirus. « Dans le service de réanimation de l’hôpital Maillot, le 2e plus grand hôpital de la capitale Alger, il n’y que 6 lits de réanimation et seulement deux respirateurs artificiels ! Quant aux scopes, des moniteurs affichant en continu les paramètres de surveillance de l’état de santé d’un patient sur un écran avec différents systèmes d’alarme, ils sont tous défectueux. Où sont tous ces équipements dont parle Abdelmadjid Tebboune ? », s’interroge une médecin algéroise révoltée elle-aussi par la situation actuelle qui prévaut dans les hôpitaux algériens.

« Il n’y a pas longtemps, un enfant est mort d’une simple bronchiolite parce qu’il n’y avait pas de respirateur artificiel adapté et en marche. Le drame a été étouffé discrètement à l’hôpital Maillot », révèle la même source.

Face à la colère et désarroi des médecins, l’hôpital Mustapha Bacha, le plus grand de la capitale Alger, a affiché tout bonnement une note où il appelle au calme et la sérénité à la suite de l’hospitalisation des premiers cas de coronavirus. Mais, comme toujours, cette note ne répond pas aux préoccupations et réclamations du personnel soignant à qui on demande tout sans rien lui donner…

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