Après les débandades incroyables à Oran, comment va-t-on accueillir les 1100 passagers du Tariq Ibn Ziad à Alger ?

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Oran a vécu une nuit bouleversante hier mercredi. Les 615 passagers de provenance de Marseille ont été transférés dans des conditions très tendues depuis le port d’Oran au complexe touristique des Andalouses. Transport anarchique, accueil désorganisé et manque cruel de chambres pour abriter les voyageurs algériens ayant séjourné longtemps en France en pleine crise sanitaire du coronavirus, tous les ingrédients ont été réunis pour créer de fortes tensions qui ont duré toute la nuit du mercredi à jeudi. 

Le complexe touristique des Andoulouses  devait se transformer en un centre de confinement des voyageurs algériens de provenance de Marseille et qui ont accompli la traversée maritime pour rejoindre leur pays natal. Les voyageurs algériens ont été instruits de rester confinés dans ce centre de vacances le temps d’accomplir toutes les démarches médicales pour identifier les cas contaminés au coronavirus afin de les mettre à l’isolement et de les empêcher de contaminer leurs familles ou proches aggravant ainsi la propagation de la pandémie du coronavirus en Algérie.

Malheureusement, si l’intention est louable, elle a été entièrement gâchée par les défaillances choquantes du dispositif déployé par la wilaya d’Oran comme il a été dévoilé par les nombreuses vidéos et images que nous avons diffusé toute la nuit du mercredi sur notre page Facebook. Et pour cause, au complexe des Andalouses, des lits manquaient cruellement, des chambres étaient encore fermées ou en travaux, et certains voyageurs devaient se regrouper à 4 dans une seule pièce violant ainsi le protocole médical dictant leur confinement. A cela, il faut ajouter l’insalubrité des lieux et l’amateurisme des équipes médicales mobilisées pour orienter ces voyageurs algériens tellement désorientés qu’ils ont fini par éclater leur colère tentant de sortir de force du centre des vacances pour repartir vers le Port d’Oran.

Il aura fallu que les autorités locales dépêchent les services de sécurité pour intervenir et verrouiller tous les accès. En clair, les autorités de la wilaya d’Oran n’étaient pas du tout prêtes ni capables d’assurer le confinement programmé de ces voyageurs de retour au pays. Et ce climat de tension risque de dégénérer encore aujoud’hui jeudi si rien n’est fait pour améliorer l’organisation de ce confinement.

Ces dérapages laissent planer le doute sur ce qui attend les autres voyageurs algériens qui doivent être rapatriés depuis la France vers leur pays natal. Ainsi, ce jeudi après-midi, pas moins de 1100 passagers du célèbre navire Tariq Ibn Ziyad qui devront débarquer au port d’Alger en provenance de… Marseille ! Un nombre conséquent de voyageurs qui devront faire aussi l’objet d’une opération de confinement.

Mais les autorités algériennes vont-elles rééditer le même scénario catastrophique qui s’est produit à Oran ? C’est ce qui craignent de nombreux observateurs et médecins algériens. Les 1100 passagers du Tariq Ibn Ziyad devront être transférés vers un centre de confinement aménagé à Zéralda. Et si les places manquent dans ce centre, des hôtels seront mobilisés dans les localités avoisinantes, assurent des proches gouvernementales algériennes. Mais, au regard du nombre élevé des voyageurs attendus ce jeudi après-midi à Alger, les autorités algériennes seront confrontées à un sérieux examen d’autant plus que beaucoup de ces voyageurs pourraient s’avérer être des porteurs du COVID-19. Alger retient donc son souffle et croise les doigts en espérant que les autorités locales sauront se montrer à la hauteur de ce défi sanitaire.

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