Le pétrole à 27 dollars : la Sonatrach n’a toujours pas réagi et Tebboune occulte totalement la dimension économique

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06 Aug 2003, Kirkuk, Iraq --- A worker maintains production at the North Oil Company in Kirkuk. North Oil Company, which produces two-thirds of Iraq's total, has been unable to export due to sabotage on the pipeline, twice last month. --- Image by © Ed Kashi/Corbis

Ce qui a été prévu il y a de cela plusieurs semaines par les experts qu’on traitait de fous vient de se produire. Le prix du baril du pétrole est descendu aujourd’hui jusqu’à 27 dollars provoquant ainsi l’une de ses chutes de prix les plus vertigineuses dans l’histoire. Cela signifie clairement que l’Algérie est dans une posture financière catastrophique et cette année 2020 saignera les finances de l’Etat algérien. Malgré cela, Tebboune a occulté totalement hier mardi la dimension économique dans son discours à la Nation. 

Le même immobilisme a été étrangement constaté à Sonatrach, la compagnie nationale des hydrocarbures. Ni réunion de crise, ni réunion d’urgence, ni un plan d’action pour limiter les dégâts et adapter le management du seul poumon économique du pays aux nouvelles données de cette crise internationale. A Sonatrach, on observe et on attend. On attend quoi ? La faillite financière du pays ? Probable. Cette attitude est totalement inconsciente car dans le monde entier, les compagnies pétrolières et les agences spécialisées se préparent à tous les scénarios et étudient toutes les prévisions.

Selon l’étude du cabinet Rystad Energy, publiée le 28 février dernier, la baisse de la consommation et la faiblesse du dynamisme du pétrole sur les marchés entraîneront de faibles recettes pour les compagnies du secteur, cette année. Par conséquent, elles n’auront pas suffisamment de marges pour réinvestir. Prenant conscience des dangers, plusieurs compagnies internationales ont d’ores et déjà décidé de baisser leurs investissements de 30 milliards de dollars, sur le reste de l’année. A Sonatrach, on continue de dépenser comme s’il s’agissait d’une conjoncture ordinaire !

Au Nigeria, le plus important pays producteur de pétrole en Afrique, le gouvernement a réagi officiellement et la ministre des Finances Zainab Ahmed a annoncé la semaine passée que le pays ajustera son budget 2020 qui est de 29 milliards de dollars, étant donné que le gouvernement s’attend à une forte baisse des recettes pétrolières. Le premier producteur africain de brut comptait en effet sur un prix de référence moyen de 57 dollars par baril, bien loin du prix moyen actuel qui est de moins de 30 dollars. De son côté, l’Algérie qui a élaboré sa loi de finances 2020 sur un baril à 50 dollars et un prix de marché à 60 dollars dort toujours sur ses lauriers et ses hauts responsables n’ont établi aucune nouvelle stratégie économique pour parer à l’épidémie du coronavirus.

Selon le célèbre média Bloomberg, environ 70% des cargaisons chargées pour le mois d’avril prochain, en provenance de l’Angola et du Nigeria n’ont pas encore trouvé d’acheteur, ce qui représente un net recul par rapport au rythme normal des ventes. Qu’en est-il du pétrole algérien ? Quelles sont en ce moment les quantités réellement vendues ? Le ministère de l’Energie et Sonatrach ne jouent pas la carte de la transparence et ferment leurs yeux sur une véritable tragédie économique et financière qui risque de durer encore dans les semaines, voire les mois à venir.

Dans le monde entier, la gestion des projets prétrolier sera confrontée à de graves problèmes, car les interdictions de voyager restreignent l’accès des entrepreneurs, des sociétés d’ingénierie, des sociétés de certification et des responsables de l’E&P (Exploration & Production) aux chantiers navals. Mais l’Algérie au lieu d’anticiper et de faire des préparatifs pour limiter les dégâts, elle s’enfonce dans la paralysie provoquée par ses dirigeants politiques incompétents.

 

 

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