Exclusif. Coronavirus : Rupture de stock des tests de dépistage à l’Institut Pasteur et inquiétante pénurie à la Pharmacie centrale des hôpitaux en Algérie

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L’Institut Pasteur ne peut plus fournir aux hôpitaux algériens les indispensables tests de dépistage pour examiner les cas suspects présentant des syndromes du Coronavirus COVID-19, a appris Algérie Part au cours de ses investigations. L’Institut Pasteur d’Alger, la plus prestigieuse institution sanitaire en Algérie, ne peut plus répondre aux besoins des hôpitaux notamment ceux de la région de Blida comme l’hôpital de Boufarik qui abrite le plus important service infectiologie du centre du pays et qui abrite en ce moment le plus grand nombre de cas suspects et confirmés de Coronavirus en Algérie. 

Face à cette rupture de stocks des tests de dépistage au niveau de l’Institut Pasteur d’Alger qui attend toujours les livraisons commandées par l’Algérie à l’étranger, c’est la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH) qui doit fournir aux hôpitaux algériens notamment celui de Boufarik les tests de dépistage nécessaires à la prise en charge des cas suspects de coronavirus.

Il faut savoir que la PCH est l’organisme chargé en Algérie d’œuvrer à approvisionner les établissements hospitaliers avec ces produits pharmaceutiques vitaux. Or, a-t-on pu confirmer au cours de nos investigations, à la PCH, la gestion des livraisons des tests de dépistage est très lente et déficiente. A peine 30 à 40 tests de dépistage de coronavirus  sont fournis aux hôpitaux. Preuve en est, aujourd’hui dimanche 14 mars, le responsable des approvisionnements au niveau de la pharmacie de l’hôpital de Boufarik a passé toute la journée au niveau de la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH), mais à la fin de la journée, il est rentré bredouille à Boufarik car aucun test de dépistage de coronavirus n’était encore disponible ! Une situation chaotique qui a obligé les médecins de l’hôpital de Boufarik à relâcher une vingtaine de cas suspects faute de pouvoir les dépister et leur communiquer les orientations convenables. Ces défaillances du système de santé algérien risquent malheureusement de favoriser la propagation du coronavirus sur le territoire national.

Il faut savoir que le test diagnostic consiste en un prélèvement naso-pharyngé (gorge, nez, nasopharynx) qui se fait à l’aide d’un petit écouvillon (goupillon). Il est obligatoirement effectué par un médecin ou une infirmière. L’échantillon est ensuite analysé par un laboratoire spécialisé afin de rechercher la présence du matériel génétique du coronavirus et ainsi confirmer le diagnostic de l’infection. Il s’agit d’un test qui n’est pas invasif et qui est facile à effectuer. En Algérie, il y a un seul laboratoire habilité et équipé pour analyser les prélèvements effectués sur les cas suspects de coronavirus. Une anomalie absurde alors que dans les pays développés, il y a plusieurs centres de référence équipés et dotés du personnel  maîtrisant toutes les technologies nécessaires. En plus, tous les grands centres hospitaliers de ces pays comme la France, l’Allemagne ou la Belgique sont équipés de laboratoires spécialisés capables de pouvoir donner une réponse plus rapidement en cas de suspicion d’infection au coronavirus.

Et si dans les pays développés, le délai pour avoir un résultat de ces tests de dépistage  est entre trois et cinq heures, en Algérie, à cause des défaillances de notre système de santé archaïque, il faut attendre au moins 24 heures…

 

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