Toute la planète tourne au ralenti… sauf en Algérie où des milliers de manifestants occupent les rues : la soif du changement plus forte que la psychose du coronavirus ?

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Le paradoxe est énorme et épatant. Partout dans le monde, les rues se vident, les habitants des grandes villes se confinent et les rassemblements de plus de 100 personnes sont évités. La planète tourne au ralenti pour empêcher la propagation du coronavirus, la pandémie qui fait chaque jour des centaines de morts à travers le monde. Seule l’Algérie fait figure d’exception et des milliers de manifestants continuent d’occuper les rues pour défendre leurs revendications démocratiques et exiger le départ du régime et de ses hauts responsables. Une situation inédite. 

« Le Corona wella Ntouma », voici le slogan qui a été scandé dans toutes les rues de la capitale Alger. Un slogan qui a secoué les autres grandes villes du pays à l’image de Constantine, Oran ou Béjaia ainsi que Tizi-Ouzou. En clair, les manifestants et activistes du Hirak Algérien n’ont aucune peur de la pandémie mondiale qui ravage tous les continents. Bien sûr, ils sont conscients du danger et certains activistes font l’effort pédagogique d’appeler les personnes les plus vulnérables comme les personnes âgées de ne pas participer aux marches populaires du Hirak.

Ces appels n’ont pas été réellement suivis ni obtenus le moindre écho puisque de nombreuses personnes âgées sont allées manifester aux côtés de leurs compatriotes mobilisés pour le 56e vendredi consécutifs. La soif de changement des Algériens restent donc insatiables. En face, le pouvoir algérien observe toujours la même attitude et refuse de céder un iota aux revendications du Hirak. Le pays entier est bloqué depuis plus d’une année et cette instabilité politique expose l’Algérie à une situation catastrophique majeure. Menace d’une faillite financière, recettes en devises de l’Etat algérien en chute libre, danger sanitaire inédit avec la propagation du coronavirus, des institutions publiques minées par des luttes politiques et prises en otage par les tensions internes du sérail, un gouvernement illégitime et inefficace, un Président assommé par les très nombreux gros problèmes qui assaillent le pays, bref, la situation est tout bonnement explosif en Algérie.

Déchirée et divisée de l’intérieur, l’Algérie n’arrive pas à faire face à tous les problèmes qui surviennent de jour à jour et qui risquent de la mener vers l’abime, à savoir l’effondrement pur et simple de l’Etat et des conséquences désastreuses sur le plan économique et sociale.

Au lieu de chercher des solutions crédibles et sérieuses, le pouvoir algérien a été aveuglé par ses certitudes et sa volonté d’étouffer violemment le Hirak pour survivre et continuer de se maintenir aux commandes du pays. Une attitude suicidaire. Le Hirak, de son côté, a perdu beaucoup de temps pour se structurer politiquement en l’absence de mouvements politiques capables de porter ses revendications. Le Hirak a échoué également à  d’inventer de nouvelles actions de protestation capables de faire plier le régime algérien. Nous sommes donc bel et bien dans une impasse qui compromet dangereusement l’avenir du pays.

 

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