Chute vertigineuse des prix du pétrole : la crise risque de durer toute l’année 2020

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GRANGEMOUTH, SCOTLAND - NOVEMBER 1: BP's Huge oil refinery complex continues it's 24 hour production of petroleum and gas, November 1, 2004 at Grangemouth in central Scotland. Continuing instability in the Middle East is propping the price of crude oil at close to $50 a barrel, impacting in turn on global economies. (Photo by Christopher Furlong/Getty Images)

Non, contrairement à ce que laissent croire les autorités algériennes, la chute des prix du baril du pétrole risque de durer toute l’année 2020. En effet, l’Agence internationale de l’Energie (AIE) vient d’annoncer ce lundi une contraction de la demande de pétrole en 2020. Une première depuis 2009. Avec une économie mondiale au ralenti sur une durée indéterminée en raison du contexte sanitaire, l’AIE s’attend désormais à une demande de 99,9 millions de barils par jour (bpj) en 2020, soit près d’un million de bpj de moins que dans sa précédente prévision. Cela représenterait une contraction de 90.000 bpj par rapport à 2019.

D’un autre côté, de nombreux analystes internationaux mettent en garde contre une récession mondiale, ce lundi 9 mars, alors qu’un vent de panique sur les marchés, alimenté par le coronavirus, a entraîné une forte baisse des actions, des rendements obligataires et des prix du pétrole. Les contrats à terme sur l’or noir ont chuté de 26 %, enregistrant leur plus forte baisse depuis la guerre du Golfe en 1991, après que les pays de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) n’ont pas accepté de réduire leur production de pétrole la semaine dernière. Les actions mondiales ont suivi la tendance générale, les places européennes chutent de plus de 6% ce matin et les échanges avant-Bourse à New York laissent présager d’une baisse de 5% du Dow Jones à l’ouverture du marché, à 14h30 heure de Paris.

A ce titre, Nigel Green, directeur général et fondateur du groupe de conseils financiers deVere, a fait savoir qu’une « récession mondiale est désormais presque inévitable cette année », estime-t-il. « La plus forte chute du pétrole en une journée depuis la guerre du Golfe de 1991 a encore alimenté la chute des marchés boursiers mondiaux qui a commencé il y a quelques semaines, par crainte que le coronavirus ne nuise gravement à la croissance économique. Avec la combinaison des conséquences de l’impasse pétrolière et de l’épidémie, je crois maintenant qu’il est presque inévitable qu’il y ait une récession mondiale cette année. »

D’autre part, Adam Vettese, analyste pour la plateforme de trading et de courtage eToro a confirmé que  « c’est un effondrement des prix du pétrole à une échelle jamais vue depuis la guerre du Golfe. A moins d’un nouvel accord entre les Saoudiens, qui peuvent se débrouiller avec le pétrole à ce niveau-là, et la Russie, qui ne le peut pas, nous pouvons nous attendre à ce que les prix restent sous pression. »

« Les répercussions sur les grandes compagnies pétrolières britanniques ont été brutales ce matin, les investisseurs étant paniqués. Il est difficile de voir ce sentiment changer à court terme », a prévenu cet observateur averti des marchés mondiaux. Pour l’heure, l’Algérie n’a pris conscience du danger grandissant qui menace l’économie mondiale et n’a fait aucun prévision en guise de se préparer aux conséquences de ce crash pétrolier qui va durer dans le temps.

 

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