Un Etat-Major intérimaire, un Président faible, des ministres out, une économie en effondrement : l’inquiétante, la très inquiétante situation de l’Algérie

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Le monde vit en ce moment un véritable crash pétrolier. Le prix du baril du pétrole s’est encore effondré ce lundi après-midi à 32 dollars causant ainsi une panique mondiale sur tous les marchés financiers. Cette situation signifie clairement la banqueroute de plusieurs pays pétroliers dont notamment l’Algérie qui dépend entièrement de ses recettes en devises des hydrocarbures. 

Face à la menace d’une faillite programmée et inévitable, le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, a enfin parlé ce lundi. Lors d’un direct diffusé sur Ennahar TV, Mohamed Arkab a promis aux Algériens de dépasser cette « crise ». Le ministre s’est montré rassurant croyant savoir que ce crash pétrolier est « passager ». Malheureusement, Mohamed Arkab se trompe et ne maîtrise pas du tout son sujet. A l’image de tout le gouvernement algérien, Mohamed Arkab ne maîtrise pas les clés de ce dossier très sensible qui engage des enjeux planétaires très complexes. Ce crash pétrolier va durer dans le temps parce que les rapports économiques entre les principaux acteurs mondiales de l’énergie ont totalement changé ces dernières semaines avec les guerres commerciales lancées entre les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et la Russie.

En vérité, l’Algérie est aujourd’hui dans une situation délicate, très délicate. Pourquoi ? Parce que ce crash pétrolier se produit au moment où l’Algérie s’est totalement enfoncée dans une profonde déchéance politique. Oui, l’Algérie de 2020 est une Algérie entièrement déstructurée. L’Etat algérien s’effrite de jour en jour et sombre dans une crise morale menaçant son existence. Pour preuve, l’armée algérienne, la seule institution fiable du pouvoir, est commandée depuis plus de deux mois par un chef d’Etat-Major… intérimaire ! Du jamais vu dans les pays qui se respectent. Un danger réel pour la sécurité du pays puisque la chaîne du commandement de l’institution militaire algérienne fonctionne de manière « intérimaire » et le premier chef des armées n’est même pas confirmée dans ses fonctions. Ce qui sème le doute, la zizanie et peut porter un préjudice à la discipline des troupes dans des périodes de crise.

De l’armée à la Présidence de la République. L’Algérie de 2020 est dirigée par un Président qui ne jouit pas de la légitimité populaire. Seule une minorité extrême minoritaire soutient Tebboune. Depuis le 22 février 2019, le Hirak remplit les rues de milliers, voire de millions de manifestants pour réclamer le départ du « système » et refuse de traiter avec Tebboune. Après le vendredi et mardi du Hira, depuis 3 semaines, les manifestants tentent de se mobiliser le samedi provoquant ainsi des affrontements violents avec les forces de sécurité. Le constat est clair : Tebboune ne maîtrise pas le pays ni ses institutions et il est lui-même confrontée à une résistance interne très coriace depuis la mort de son protecteur, le défunt Ahmed Gaid Salah.

A ce président manquant de légitimité et dans une position de faiblesse, il faut rajouter le gouvernement actuel qui s’illustre par une médiocrité ambiance. 39 ministres incapables de trouver la moindre solution. Un gouvernement qui se préoccupe de sujets secondaires, futiles à l’image des polémiques incessantes sur le sachet de lait. Des ministres déconnectés de la réalité algérienne et incapables de s’entourer de bons experts, le gouvernement livre tout simplement le pays à l’abandon. A cause de cette situation inédite, l’Algérie se dirige de jour en jour vers l’abime. Effrayant.

 

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