Tebboune et ses ministres face à un pétrole à moins de 35 dollars : une attitude irrationnelle et inconsciente pour l’avenir de l’Algérie

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Ce qui avait été annoncé par Algérie Part dans ses précédents décryptages vient de se produire dans la nuit du dimanche à lundi : les prix du baril du pétrole s’effondrent jusqu’à 35 dollars. ET ce n’est pas encore fini. Et pour cause, d’ici la fin de la semaine, les prix du baril du pétrole chuteront certainement à moins de 30 dollars le baril. 

Pourquoi ? Parce que la décision de l’Arabie saoudite de casser ses prix de vente et de prévoir une forte augmentation de sa production au moment où l’épidémie de coronavirus réduit significativement la demande mondiale a entièrement bouleversé le marché mondial.

Ryad a réduit le prix de vente officiel pour le mois d’avril de toutes ses qualités de brut vers toutes les destinations, une décision prise après l’échec des discussions entre l’Opep et la Russie sur un nouvel accord d’encadrement de la production. Le royaume, premier exportateur mondial de pétrole, prévoit d’augmenter sa production de brut à plus de 10 millions de barils par jour (bpd) le mois prochain, selon des sources jointes par Reuters.

La désintégration du groupe appelé Opep+, qui associe les pays membres du cartel d’autres à d’autre producteurs dont la Russie, met un terme à trois ans de coopération visant à encadrer la production afin de soutenir les prix. L’Arabie saoudite entend punir la Russie, deuxième producteur mondial, de ne pas avoir soutenu les réductions de la production proposées la semaine dernière par l’Organisation des pays producteurs de pétrole.

Le revirement de Ryad marque un retour à une stratégie visant à gagner des parts de marché, semblable à celle qui avait été mise en place en 2014 et avait fait chuter les cours.

Cette stratégie, associant l’Arabie saoudite, la Russie et d’autres producteurs majeurs, avait alors pour but de pénaliser la production aux Etats-Unis de pétrole et de gaz de schiste, plus coûteux à extraire. Elle s’était maintenue jusqu’en 2016. « Le pronostic pour le marché pétrolier est encore plus sombre qu’en 2014, lorsqu’une guerre des prix semblable avait commencé, parce qu’elle entre en collision avec un effondrement significatif de la demande mondiale lié au coronavirus », lit-on dans une note de Goldman Sachs.

La banque américaine et d’autres dont Morgan Stanley ont réduit leurs prévisions de demande mondiale en prédisant une croissance nulle en 2020 de la demande de la Chine, premier exportateur mondial. Cela signifie qu’il n’est pas exclu de voir un baril du pétrole à 20 dollars d’ici le mois de mai prochain.

Face à ces bouleversements majeurs qui vont saigner terriblement les finances de l’Algérie, l’actuel gouvernement mené par le Président Tebboune se distingue par une attitude inconsciente, voire dangereuse ! Et pour cause, au lieu de consacrer un conseil des ministres urgent ou une réunion en extrême urgence pour adopter des mesures idoines face à ce nouveau contexte mondial, Tebboune et son gouvernement ont tenu un conseil des ministres au cours duquel ils ont fait des annonces surréalistes.

Au lieu de réfléchir sur des solutions d’urgence pour juguler les conséquences financières, Tebboune et ses ministres s’offrent le luxe de parler de « transition énergétique » ! Un processus qui exige des moyens financiers importants et une organisation sur plusieurs années. Ce n’est nullement une priorité face à la catastrophe financière à laquelle est exposée en ce moment l’Algérie.

Comment effectivement parler de « l’émergence d’une énergie verte durable à même d’assurer d’importantes quantités de gaz naturel et élargir le champ des industries créatrices de richesses et de postes d’emploi » alors que  «plus de 98%» de l’électricité produite actuellement en Algérie est «à partir du gaz naturel». C’est une absurdité de parler de cela maintenant.

La priorité aujourd’hui est de réorganiser Sonatrach pour lui permettre de développer de la pétrochimie et d’explorer de nouvelles sources d’énergie en toute urgence pour identifier de nouvelles sources d’exportations en devises. La priorité est de réduire les dépenses de l’Etat dont du ministère de la Défense nationale avec une austérité budgétaire pour pouvoir résister aux impacts de cette faillite financière qui s’annonce à nos portes. La priorité est de tracer un plan pour savoir comment utiliser le plus longtemps possible nos réserves de change afin de limiter les conséquences dramatiques de la faillite financière sur notre pays.

Au lieu de cela, Tebboune et ses ministres discutent dans le confort de leur bureau de « la réadaptation du cadre règlementaire, la réhabilitation des réseaux de transport et de distribution de l’électricité, la mise en place d’un incubateur pour le tissu industriel national et d’une stratégie pour l’exportation de l’excédent énergétique pour la production de l’électricité à partir de ressources renouvelables, outre l’implication d’investisseurs nationaux dans les projets des énergies renouvelables ». Des mesures qu’il fallait adopter ou concrétiser avant le choc pétrolier que nous subissons aujourd’hui. Désormais, il faut cesser de gaspiller du temps dans des absurdités inutiles. Il y va de l’avenir du pays.

 

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