Exclusif. Logitrans, une importante entreprise étatique, perquisitionnée par les services de sécurité et son PDG placé sous enquête

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Le siège du groupe de transport des marchandises et de logistique (Logitrans), une importante entreprise étatique dans le secteur des transports en Algérie, a été perquisitionné le lundi passé par les services de sécurité dans le cadre d’une enquête approfondie sur de nombreux marchés douteux et des dépassements constatés dans l’attribution de plusieurs projets stratégiques dans le transport routier des marchandises, a-t-on appris au cours de nos investigations. 

Les principaux dirigeants et responsables de Logitrans dont son PDG Boualem Kini et un autre haut responsable de cette société publique, à savoir Lamrani Salem. Les deux managers vont être convoqués officiellement par la brigade de recherches de Bab Jedid de la Gendarmerie Nationale pour qu’il soit entendu et auditionné dans de nombreux dossiers notamment celui du partenariat avorté avec l’opérateur français APRC Groupe. En décembre 2013, Logitrans a créé une joint-venture, à l’époque elle s’appelait l’entreprise algérienne SNTR et en 2016 le Groupe SNTR change de de dénomination pour devenir le Groupe LOGITRANS, pour le développement, la gestion et l’exploitation des plateformes logistiques selon la règle 51/49, soit un capital social de 300 millions de dinars, 153 millions de dinars pour la partie algérienne et 147 millions de dinars (équivalent en devises) pour la partie française.

Or, ce projet va capoter et un conflit va éclater avec le partenaire français APRC qui va recourir à l’arbitrage international pour réclamer des réparations et se plaindre des agissements et manoeuvres illicites des responsables du groupe Logitrans. Le 06 juin 2019, la Cour International d’Arbitrage dépendante de la chambre de commerce international a rendu un juge qui est totalement défavorable à Logitrans et la société publique algérienne a été condamnée à verser des indemnités au français APRC. Algérie Part a obtenu des documents exclusifs à propos de ce scandale discrètement étouffé à Alger. Et nous publierons dans les jours à venir une enquête fouillée sur ce dossier de corruption qui a porté un énorme préjudice à la crédibilité à l’Algérie devant les instances internationales.

Rappelons enfin que le groupe LOGITRANS revêt un intérêt stratégique aux yeux des autorités algériennes. Créé en 2016 « dans le cadre de la restructuration de la Société nationale des transports routiers (SNTR) », ce groupe public possède un parc roulant constitué de plus de 3.500 camions transportant annuellement plus de 18 millions de tonnes de marchandises sur plus de 160 millions de km. Il était donc temps d’intervenir dans la gestion chaotique de ce groupe public pour redresser la situation et empêcher les pertes financières causées par les pratiques de la corruption.

 

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