Décryptage – L’Ambassadeur Xavier Driencourt poussé vers la sortie par un arrêté ministériel !

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Ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt l’a été par deux fois. Entre 2008 et 2012 en remplacement de Bernard Bajolet désigné alors en tant que directeur général de la Sécurité extérieure (DGSE). Puis une seconde fois en Juillet 2017, suite à un décret présidentiel signé par François Hollande le 20 avril 2017, pour remplacer Bernard Emié, nommé à la tête de…la DGSE.

Xavier Driencourt, défenseur de Bouteflika et proche de certains oligarques algériens avec lesquels il entretenait des relations privilégiées, avait suscité l’ire de l’ancien Chef d’Etat Major algérien feu Gaid Salah durant l’été 2019.

Il faut dire que la diplomatie française, redoutant par-dessus tout une transition politique algérienne dominée par l’armée traditionnellement proche de la Russie et fort éloigné des intérêts français, a tout mis en œuvre pour soutenir le président Abdelaziz Bouteflika en fin de règne.

Depuis le déclenchement de la révolte populaire, l’ancienne puissance coloniale avait alors été prise à partie non seulement par l’armée, mais par une bonne partie de la classe politique et de quasi tous les manifestants du Hirak à travers le territoire national.

Certaines sources sécuritaires avaient d’ailleurs fait des révélations, toutefois démenties par Paris, sur une possible implication de l’ambassade de France en Algérie dans un grand complot visant l’état-major de l’armée.

Selon ces sources, des responsables des services de renseignements français (DGSE) auraient participé, avant la destitution d’Abdelaziz Bouteflika, à des réunions secrètes impliquant Saïd Bouteflika, les deux généraux Mohamed Mediene (Toufik) et Athmane Tartag et la secrétaire générale du Parti des travailleurs Louiza Hanoune…

Xavier Driencourt – Ambassadeur de France en Algérie

 

Xavier Driencourt, dont la nomination a coïncidé avec le début d’une restriction inédite et spectaculaire sur les visas accordés aux algériens, aurait selon nos informations multiplié les mémos diplomatiques en direction de ses responsables hiérarchiques, pour leur indiquer que la France ne devait en aucun cas s’aligner sur les positions de Gaïd Salah.

Toutefois, minimisant son opposition au Hirak, le 14 Juillet 2019 à Alger, durant la célébration de la fête d’indépendance française, l’ambassadeur s’en est allé à faire sa mea culpa :  »Nous autres diplomates, n’avons peut-être pas vu juste. Il faut l’avouer, nombre d’entre nous n’avions pas perçu la formidable force de changement qui sommeillait dans ce pays. En quelques jours, nous nous sommes retrouvés dans un monde transformé, aux horizons redéfinis, aux perspectives nouvelles et l’Algérie d’aujourd’hui n’est pas celle que j’ai connue durant mes années passées ici. »

Faute avouée, à moitié pardonnée? Pas si sûr !

Doit-on rappeler que c’est Xavier Driencourt lui-même, lors de l’inauguration du nouveau centre de collecte des dossiers des demandes des visas français à Alger, le centre VFS Global, qui a déclaré que certains responsables algériens « grillent » leurs visas pour se soigner en France !

Ou que c’est encore Driencourt qui avait entrepris tout ce qu’il lui était possible, comme il l’a déclaré lui-même, pour céder, en 2013, la magnifique Villa  »les Zebboudj’’, sise au 10 Chemin Sfindja à El Biar et dont l’Etat français était propriétaire depuis 1936, à son Ami et oligarque proche de Bouteflika : Réda Kouninef.

Ce dernier avait payé plus de 4 Millions d’Euros à l’Etat français pour acquérir un bien d’exception constitué de 250 mètres de bâti sur un terrain d’un hectare, alors même que la France en attendait 10 Millions d’euros

Si prompt à défendre les intérêts de certains, Xavier Driencourt n’avait pas hésité par ailleurs à attaquer en justice pour diffamation, le franco-algérien Zaïr Kedadouche, ancien ambassadeur à Andorre.

Se disant victime d’un « racisme abject » de la part du Secrétaire Général du Ministère des Affaires étrangères français Xavier Driencourt, les accusations de Zaïr Kedadouche, ayant démissionné de son poste en mars 2014 suite à cette affaire, avaient été vivement démenties. En 2016, la cour d’appel avait estimé que les propos litigieux n’étaient pas diffamatoires et a relaxé Zaïr !

Mr Xavier Driencourt, qui déclarait que « L’Algérie est un pays complexe et compliqué » a peut-être vu juste. Trop compliqué de mener à bien sa mission dans le strict respect du Peuple et du Pays hôte…

Quoiqu’il en soit, celui qui est aujourd’hui âgé de 66 ans, a dû prendre dans la journée d’hier 25 Février 2020, un vol à bord de la compagnie Air France en direction de Paris. Voyage très probablement effectué pour se faire signifier sa mise à la retraite prochaine.

En effet, en date du 31 Janvier 2020, par arrêté du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Xavier Driencourt a été admis à faire valoir ses droits à la retraite, ce qui sonne le glas à une carrière entamée très tôt et qui finit vraisemblablement sans éclat…

Et si cette décision venait plutôt sanctionner une énorme bourde de la part de Driencourt, Algeriepart n’hésitera pas à en informer ses lecteurs en temps voulu !

Alors que rien n’a vraiment filtré quant à la future nomination d’un nouvel ambassadeur de France en Algérie, les spéculations vont bon train et certains noms sont déjà évoqués, dont celui de François Aissa Touazi.

François-Aïssa Touazi – Conseiller d’Emmanuel Macron

 

Ce proche conseiller du Président français Emmanuel Macron, et par ailleurs aussi proche d’Issad Rebrab que de Hamid et Lounès Guemache du site TSA, a eu à travailler pendant quinze ans au Ministère des Affaires Etrangères en tant que Conseiller sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord… A-t-il quelques chances pour présenter ses lettres de créances à Alger ?

Contactés au téléphone, une source autorisée nous a affirmé que Mr Touazi dément de manière formelle et catégorique être intéressé par le poste et même d’avoir été contacté en ce sens.

En attendant, Wait and see ! (Attendons pour voir !)

Fabienne Outar

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