Un « dur à cuire » à la tête des douanes algériennes au moment d’une grande crise dans cette institution sensible de l’Etat

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Après un feuilleton haletant qui aura duré plusieurs semaines, les douanes algériennes ont enfin un nouveau directeur général en la personne de Noureddine Khaldi qui a été installé officiellement dans ses nouvelles fonctions ce lundi en remplacement de Mohammed Ouaret, l’actuel DG des douanes algériennes. Le ministre des Finances, Abderrahmahe Raouya, ainsi que le ministre délégué chargé de la Prospective et des Statistiques M. Bachir messaitfa et également l’ensemble des cadres dirigeants de cette institution, ont assisté à la cérémonie d’installation de Nourredine Khaldi qui s’est tenue au siège de la DG des Douanes à Alger. 

Nourredine Khaldi est réputé pour être un « véritable dur à cuire » qui veut prendre sa revanche après avoir connu ces dernières années une véritable traversée du désert. Il faut savoir qu’effectivement, Nourredine Khaldi est un ancien cadre dirigeant des douanes algériennes. Il était l’ex-inspecteur principal des brigades des douanes algériennes ensuite il avait occupé les fonctions du directeur des douanes de l’aéroport d’Alger, un poste stratégique et très sensible au regard de l’importance du transit des voyageurs via le plus grand aéroport du pays. En ce moment, il est le directeur régional des douanes dans la wilaya  de Tipaza. Une affectation qu’il avait vécu comme une « humiliation » car il s’était longtemps disputé avec les services de la DGSN notamment à l’aéroport d’Alger où il s’était opposé à leur emprise sur les opérations de contrôle des passagers.

Nourredine Khaldi a été « chassé » de l’aéroport d’Alger lorsqu’il avait tenu tête à l’ancien Directeur de la police de l’Air et des frontières (PAF), le Contrôleur de police Hamid Goucem. Ce dernier avait tissé une véritable toile d’araignées lorsqu’il était aux commandes de la PAF et voulait imposer son diktat sur l’aéroport d’Alger où rien ne pouvait se faire sans son autorisation ou bénédiction. Nourredine Khaldi lui tiendra tête et entretiendra des rapports très froids avec Hamid Goucem. Les deux hommes ne s’apprécient pas depuis l’époque où Hamid Goucem était le premier responsable de la PAF au Port d’Alger et Nourredine Khaldi inspecteur principal des brigades.

Mais Hamid Goucem est limogé de son poste depuis le 18 septembre 2018 à la suite de la chute de son parrain Abdelghani Hamel, l’ancien patron de la DGSN. Nourredine Khaldi revient par la grande porte et devient le premier patron des douanes algériennes dans un moment de grave crise que traverse cette institution sensible de l’Etat. Réputé pour son caractère très sévère et martial comme un militaire intransigeant, Nourredine Khaldi devra faire face à la prochaine grève que les 17 mille douaniers veulent observer à partir du 1er mars prochain.

Un mouvement de contestation qui intervient à la suite d’un véritable bouillonnement social au sein des douanes algériennes. De nombreux douaniers ne tolèrent plus les brimades qu’ils subissent de la part des éléments de la DGSN. Les douaniers notamment ceux des postes frontaliers au sud du pays réclament une amélioration des conditions socio-professionnelles et des augmentations de salaires conséquentes. Pas moins de 15 revendications ont été formulées par la section syndicale de l’UGTA des douaniers. Des points qui portent notamment sur la révision du règlement intérieur ou l’augmentation des paiements des heures supplémentaires. Cette grève intervient à l’heure où la section syndicale de l’UGTA des douanes algériennes est elle-même confrontée à des divisions internes et se retrouve dépourvue d’un leader légitime et élu par les travailleurs.

L’administration des douanes a exercé de fortes pressions pour empêcher que ce vent de contestation n’ébranle toute la corporation. De nombreuses manoeuvres ont été orchestrées depuis le cabinet de la direction générale pour casser cette grève annoncée et qui fait tellement peur aux autorités publiques. C’est dans ce contexte brûlant que Nourreddine Khadli prend le pouvoir à la tête des douanes algériennes. Saura-t-il se montrer à la hauteur des enjeux ?

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