Après Benamor, Metidji et Anis Rahmani, à quand le prochain tour de Belkecir et les autres « intouchables » du pouvoir ?

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Après une trêve qui soulève de nombreuses interrogations, la machine judiciaire dédiée à la lutte contre la corruption et les oligarques de l’ère Bouteflika reprend de plus belle. La semaine passée, le 13 février plus exactement, le milliardaire Mohamed Laid Benamor, l’une des plus grosses fortunes en Algérie qui est restée longtemps en liberté à la suite de la chute des Bouteflika, a été placée en détention en compagnie de l’une de ses frères par le tribunal de Sidi M’hamed à Alger. 

Accusés de « dilapidation des deniers publics » et « d’exploitation illégale des terres agricoles », les frères Benamor seront auditionnées bientôt dans le cadre de plusieurs dossiers de corruption longtemps étouffée par la justice algérienne, comme il a été révélé à plusieurs reprises par Algérie Part. Le même jour, Anis Rahmani, le patron d’Ennahar TV, a été incarcéré à la prison de Koléa pour « infraction à la législation de change », « chantage pour l’obtention d’avantages indus », « abus de pouvoir » et « détention de comptes bancaires à l’étranger ». C’est un autre poids lourd du « fassad » en Algérie qui a chuté. Cette semaine commence aussi par une nouvelle affaire qui explose. Comme il avait été rapporté et révélé par Algérie, c’est la puissante et richissime famille Metidji qui a été soumise à la merci de la justice. Après avoir été convoqué hier dimanche pour la dernière par la brigade de recherches de Bab Jedid, Hocine Metidji et son fils ont été mis sous mandat de dépôt dimanche par le juge d’instruction auprès du tribunal de Sidi M’hamed. Quant à l’épouse de Hocine Metidji et sa fille, elles ont été placées sous contrôle judiciaire.

Les Metidji sont poursuivis pour les chefs d’inculpations, liés au financement occulte de la campagne électorale, transfert illicite des capitaux vers l’étranger, ainsi que pour trafic des produits alimentaires subventionnés, ce qui est en contradiction avec la réglementation de change.

Dans le même sillage, l’ancien chef du protocole de la présidence de la République, Mokhtar Reguig, a été placé lui-aussi en détention provisoire après avoir comparu depuis hier dimanche devant le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed.

De nombreuses têtes de l’oligarchie algérienne héritée de l’ère Bouteflika ainsi que certains anciens hauts responsables politiques sont tombées en disgrâce. Mais la liste des personnalités bénéficiant de l’impunité demeure longue. Il s’agit notamment du général Ghali Belkecir, l’ancien patron de la gendarmerie nationale, qui est impliqué dans de nombreux scandales de corruption. Considéré comme l’officier le plus corrompu de l’armée algérienne, le général Ghali Belkecir a pu s’enfuir à l’étranger après avoir été limogé de son poste à le 24 juillet 2019. Quelques semaines plus tard, il a pu partir en Espagne où sa famille l’attendait d’abord à Barcelone avant de partir s’installer à Malaga au sud de l’Espagne. Le général Belkecir a échappé ainsi à la justice algérienne alors qu’il est cité dans toutes les grosses affaires de corruption comme il a été démontré dans de nombreuses révélations faites par Algérie Part. Il s’agit du principal maillon de la chaîne de corruption en Algérie. Le général Ghali Belkecir est une véritable boite noire du système de la dilapidation des deniers publics en compagnie de son épouse Fatiha Boukhers, l’ex-Présidente de la Cour de Tipaza, limogé de ses fonctions au mois de juin 2019.

Aujourd’hui, le général Belkecir se pavane en toute liberté entre Alicante et Malaga fuyant ainsi le sort que devrait lui réserver la justice algérienne à la fois civile et militaire car ce général est également cité dans plusieurs dossiers au tribunal militaire de Blida.

Sur cette liste des personnalités qui n’ont pas été encore touchées par la « faucheuse » de la justice algérienne, nous retrouvons Mohamed Rougab, l’x-secrétaire particulier d’Abdelaziz Bouteflika, dont le fils a amassé une énorme fortune grâce à ses affaires dans le secteur de la communication avec son entreprise Allégorie qui a remporté les marchés les plus juteux de la publicité et marketing avec les principaux acteurs économiques en Algérie. Des marchés obtenus à la suite de plusieurs combines douteuses et illicites.

Le milliardaire Abdelmalek Sahraoui continue, lui-aussi, de représenter le FLN sur les travées du parlement algérien alors qu’il est cité dans plusieurs affaires de dilapidation de deniers publics et détournement de crédits bancaires et obtention d’avantages illicites. 

Algérie Part avait consacré à cet oligarque originaire de Mascara plusieurs enquêtes documentées et appuyées par des preuves irréfutables. Selon nos sources, Abdelmalek Sahraoui est dans le collimateur de la justice algérienne et il ne tardera pas à être convoqué par la brigade de recherches de Bab Jedid de la gendarmerie nationale.

Plusieurs autres personnalités figurent sur cette liste de personnalités bénéficiant jusqu’à aujourd’hui et depuis le début du Hirak d’une véritable impunité. Certains sont en fuite à l’étranger, mais d’autres ont été traités d’une manière très favorable par les tribunaux algériens comme l’ex-Wali Abdelkader Zoukh, impliqué dans divers scandales retentissants comme il a été prouvé par nos enquêtes et révélations. 

Cette fois-ci, la justice algérienne devra revoir plusieurs dossiers et elle sera confrontée à un véritable examen pour évaluer sa crédibilité et son efficacité car tant que ces « intouchables » ne sont pas inquiétés, cela signifie que cette lutte contre la corruption n’est qu’une vulgaire mise en scène.

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