Fodil Boumala donne une leçon aux juges et au pouvoir : « ce procès n’est pas le mien, mais celui de la liberté et tous les Algériens »

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Aujourd’hui, dimanche 23 février au tribunal de Dar El-Beida, l’intellectuel et opposant Fodil Boumala a ridiculisé les juges et le pouvoir algérien tout au long d’un procès qui restera dans les annales de l’histoire de la justice algérienne. Placé le 19 septembre 2019 en détention préventive à la prison d’El Harrach, Fodil Boumala a affronté les juges à l’origine de son emprisonnement à El-Harrach aujourd’hui dimanche 23 février lors des premières audiences de son procès organisé au tribunal de Dar El-Beida à Alger. 

Un procès qui lui a fourni l’occasion de se défendre face aux accusations « d’atteinte à l’intégrité du territoire national » et « atteinte à l’unité nationale » formulées à son encontre par la justice algérienne. Et c’est un véritable cours de sciences politiques, de philosophie et d’histoire qui a été dispensé par cet intellectuel engagé aux juges et à toute l’assistance venue nombreuse au tribunal de Dar El-Beida. « Ce procès n’est pas le mien, mais celui de la liberté, celui de tous les Algériens qui refusent de reconnaître la légitimité de ce pouvoir. C’est aussi un procès de cette justice qui a été instrumentalisée par ce pouvoir », a déclamé Fodil Boumala en nourrissant son argumentaire avec de nombreuses citations de personnalités historiques qui ont fait la gloire de l’Algérie.

« Moi je suis une simple partie du peuple, si vous voulez juger le peuple, jugez-le », lance le détenu d’opinion sur un ton de défi à l’adresse des juges. « Nous avons un problème avec le système et non pas avec les personnes. Notre problème est la nature du régime et ses pratiques. Monsieur le juge, j’ai le droit de critiquer le régime politique de mon pays et ce régime n’a pas le droit d’utiliser les institutions de l’Etat pour me réprimer », ajoute encore Fodil Boumala selon lequel « il n’a aucun différend avec Gaid Salah, le général Toufik ou même Bouteflika ». « J’assume tout ce que j’ai écrit et dit. Je défie le juge de lire et analyser toutes mes déclarations et écrits. Qu’il trouve une seule phrase qui confirme l’accusation de porter atteinte à l’unité nationale », assure enfin Fodil Boumala qui n’a pas manqué de conclure sa plaidoirie en affirmant qu’il n’est qu’une « infime partie » de ce « peuple glorieux ».

A chaque phrase, à chaque anecdote de Fodil Boumala, l’assistance dans la  salle répond par de vifs applaudissements qui ont énormément énervé et exaspéré les juges. A la fin, le Procureur de la République a requis contre Fodil Boumala une peine d’une année de prison ferme et 100 mille Da d’amende. Le verdict n’a pas encore été prononcé et les avocats de Fodil Boumala ont repris le flambeau pour entamer leurs plaidoiries et réclamer sa relaxe. Peu importe l’issue de ce procès, il a d’ores et déjà marqué les esprits. Fodil Boumala a gagné sa guerre contre le pouvoir algérien dont l’illégitimité a été largement démontrée ce dimanche au tribunal de Dar El-Beida.

 

 

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