Exclusif. Les troublants changements qui menacent la stabilité de Sonatrach, la seule source de devises de l’Algérie

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A general view of the headquarters building of Algerian state energy company Sonatrach in Algiers, Algeria, February 8, 2015. After a deep slide in oil prices, Algeria's state energy company Sonatrach is shifting strategy to offer foreign companies direct negotiations over 20 oil and gas fields in a bid to draw in wary investors and increase output. Picture taken February 8, 2015. REUTERS/Ramzi Boudina EDITORIAL USE ONLY. NO RESALES. NO ARCHIVE

Sonatarch, la compagnie nationale des hydrocarbures et la seule source majeure de devises de l’Algérie, vit en ce moment l’une de ses plus dangereuses et inquiétantes périodes d’instabilité. Des lobbys infiltrent la direction générale de Sonatrach pour contraindre le nouveau PDG, à peine installé et dépourvu de grande expérience, à opérer des changements troublants qui conduiraient au retour de plusieurs hauts responsables sulfureux impliqués dans des affaires sombres ou réputés pour leur très mauvaise gestion par le passé ainsi qu’un bilan financier sinistre lorsqu’ils étaient aux commandes de Sonatrach. Dans une telle conjoncture, ces changements marquent une régression qui inquiète. 

Toufik Hakkar, l’ex-vice-président business development et marketing de Sonatrach, l’homme qui avait été nommé le 5 février PDG de la compagnie pétrolière nationale, est peut-être un homme sincère, motivé et engagé. Mais il demeure un manager inexpérimenté qui ne s’est jamais frotté avec les grosses problématiques de la gestion des dossiers les plus complexes impliquant des intérêts occultes et un management de plusieurs milliers travailleurs de Sonatrach.

Toufik Hakkar est un bon théoricien qui a beaucoup travaillé, pour ne pas qu’il est celui qui a chapeauté le travail des experts de Sonatrach sur l’élaboration de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. Mais la pratique, les rapports de force au sein d’une grosse entreprise, la lutte contre l’influence des lobbys les plus néfastes, et la capacité de prendre des décisions fermes en tapant du poing sur la table, est une réalité qu’il n’a jamais connu encore.

Titulaire d’un doctorat en management et d’un diplôme d’ingénieur en économie pétrolière, Toufik Hakkar est, malheureusement, devenu  le douzième PDG de Sonatrach depuis l’arrivée au pouvoir en 1999 d’Abdelaziz Bouteflik dans un contexte houleux et très compliqué en raison des bouleversements politiques qui secouent l’Algérie.

Ce contexte offre l’opportunité à certains vautours de revenir en force pour imposer leurs agendas. Et ce que nous craignons dans nos précédentes publications est en train de se réaliser. Effectivement, l’actuel SG de Sonatrach Rachid Si Mohamed, est en train d’exécuter des manoeuvres pour ramener au pouvoir ceux et celles qui ont provoqué par l’échec à Sonatrach. A titre d’exemple, l’actuel SG de Sonatrach milite pour le retour de Nabila Metref, l’ex-responsable au sein de Sonatrach des exportations de gaz naturel et de gaz naturel liquéfié, au poste de Vice-Président en charge de la commercialisation, l’un des postes clés de Sonatrach. Or, cette Nabila Metref s’est distinguée par le passé par son incapacité à obtenir des marchés prometteurs au gaz algérien. Pis encore, à cause de ses multiples erreurs, Sonatrach a perdu certains contrats stratégiques ou bâclés des opérations juteuses d’exportation de notre gaz. Un véritable gâchis.

Rachid Si Mohamed veut rappeler Nabila Metref alors qu’elle dirige discrètement l’international Holding Corporation filiale (Samco) à Lugano, une filiale de Sonatrach en Suisse très méconnue de l’opinion publique. Algérie Part prépare toute une enquête sur cette filiale et ses connexions. Nous y reviendrons.

 

D’autre part, sous l’influence d’un certain Omar Maaliou, l’ancien responsable de l’activité commercialisation de Sonatrach qui se comportait durant des années comme le PDG-bis de Sonatrach en refusant de rendre compte à aucune hiérarchie tout en gérant la commercialisation des hydrocarbures de l’Algérie sans aucun contrôle efficient, Si Rachid Mohamed veut obtenir le retour de Mourad Menouar, qui dirigeait l’activité négoce de brut et produits pétroliers, l’homme qui est impliqué dans le scandale de Lord Energy, entreprise suisse de courtage pétrolier et d’affrètement maritime spécialisée dans le courtage et le transport des matières premières, notamment en Libye, Algérie et en Russie.  

Depuis fin avril 2019, les services secrets algériens enquêtent sur des liens potentiels de plusieurs fonctionnaires de la Sonatrach avec le trader suisse Lord Energy fondé par Hazim Nada, fils de l’homme d’affaires d’origine égyptienne Youssef Nada, longtemps proche des Frères musulmans et qui utilisait ses opérations dans le secteur des hydrocarbures pour reversait des sommes considérables à des groupes très puissants de la mouvance islamiste. Lord Energy fait l’objet de controverses dans plusieurs pays comme en Libye, les Etats-Unis et la Suisse. Algérie Part prépare sur ce sujet toute une enquête et reviendra sur ce sujet avec de plus amples explications.

Sans attendre que les doutes et les soupçons soient levés, Rachid Si Mohamed avec le lobbying d’Omar Maaliou veut placer Mourad Menouar comme directeur central à la division gaz de Sonatrach, un poste qui demeure vacant depuis le départ de Nabila Metref. D’autres changements encore plus troublants et douteux sont en cours d’élaboration dans les laboratoires secrets de ces lobbyistes qui s’emparent de jour en jour du véritable pouvoir décisionnaire à Sonatrach. Une triste réalité que les pouvoirs publics semblent ignorer au détriment de l’intérêt général qui nécessite une Sonatrach structurée, bien gérée et dirigée par des compétences intègres sans aucun parti pris.

 

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