La principale leçon du Hirak : la justice algérienne, le chantier prioritaire et urgent sans lequel le changement est impossible

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Procs de l'affaire Khalifa ˆ Blida:

Une année. Les Algériens, et les Algériennes, s’apprêtent à célébrer l’an I du Hirak, cette belle et émouvante révolte qui fait vaciller le pouvoir algérien et fait tomber tout un clan présidentiel aux commandes du pays pendant 20 ans. Mais cette célébration nous permet de tirer une leçon essentielle. Celle relative à la nécessité absolue de libérer la Justice du joug du pouvoir politique. L’urgence d’entamer le chantier de la restructuration de la justice. Un chantier prioritaire sans lequel, le changement est impossible en Algérie. 

Le défi que doit se fixer le Hirak pendant sa deuxième année est simple et clair : s’emparer de l’appareil judiciaire et empêcher le pouvoir totalitaire de continuer à asservir les juges pour les instrumentaliser dans la stratégie de répression des manifestants du Hirak. Au cours de cette première année du Hirak, tous les Algériens, et toutes les Algériennes, ont constaté les défaillances systématiques de l’appareil judiciaire algérien. Des inculpations arbitraires, des procès expéditifs, des détentions injustes à l’encontre des acteurs et figures les plus emblématiques du Hirak, les irrégularités flagrantes commises par les magistrats algériens sous la pression du pouvoir politique entreront certainement dans les annales de l’histoire.

Il y a eu, certes, de grosses affaires de corruption qui ont explosé et des oligarques véreux, des hauts responsables corrompus et des personnalités considérées comme des piliers du système de la dilapidation des deniers publics qui ont été emprisonnés au grand  bonheur des Algériens. Mais les procédures judiciaires ayant conduit à leur inculpation ont été caractérisé par un amateurisme irrationnel et les démarches des tribunaux algériens manquaient cruellement de fiabilité, de profondeur et de rigueur.

Au final, le bilan demeure maigre. Oui, il faut se réjouir des premières mesures prises à l’encontre de nombreux acteurs des gros scandales de corruption. OUi, il faut se réjouir de voir les puissants d’hier malmenés aujourd’hui par les tribunaux. Mais la justice ne peut pas être une jungle où le fort du moment se venge contre le faible du moment. De nombreuses personnalités jouissent encore de l’impunité. D’autres elles ont pu fuir à l’étranger grâce au soutien de l’entourage du défunt Chef d’Etat-Major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah.

Les corrompus, certains d’entre eux et pas tous, sont en prison. Mais la corruption n’est pas encore finie et ses dégâts sont toujours visibles. La mauvaise gestion ou gouvernance, le gaspillage de l’argent public, sont les autres maladies qui échappent totalement encore aux soins de la justice algérienne. Le Président Tebboune veut officiellement « moraliser la vie publique » en Algérie. Un voeu pieu et une utopie sans une justice professionnelle, indépendante et travaillent selon les normes du droit moderne. Au Hirak de poursuivre son combat pour concrétiser ce rêve et d’offrir à l’Algérie les tribunaux qu’elle mérite.

 

 

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