Enorme malaise au sein des douanes algériennes : 17 mille douaniers préparent une grève le 1er mars prochain pour dénoncer de nombreux dysfonctionnements

0
470

Les 17 mille douaniers algériens sont en colère. Et le 1er mars prochain, ils préparent un mouvement de protestation inédit qui risque de paralyser tous les postes frontaliers du pays à partir de 8 H jusqu’à 12 H. Un groupe d’officiers des douanes vont organiser également un rassemblement de protestation devant la direction générale des douanes algériennes situé à Alger. 

Ces protestataires envisagent, par ailleurs, de se rendre devant le Palais du Gouvernement, situé juste en face de la direction générale des douanes algériennes, pour crier leur ras-le-bol. Pour la première fois, la colère explose dans les rangs des douaniers qui dénoncent de nombreuses injustices dont ils sont victimes au quotidien. « Un officier de la Police touche par mois pas moins de 64 mille Da alors qu’un officier des douanes 37 mille Da et le salaire d’un simple agent douanier ne dépasse les 32 mille Da. C’est totalement injustice et inacceptable », confie à Algérie Part l’un des organisateurs de cette fronde qui semble totalement échapper à la section syndicale officielle de l’UGTA des douanes.

En effet, le syndicat des douaniers algériens affilié à l’UGTA n’a pas de secrétaire général depuis plus de 3 ans. L’ex-homme fort de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Said, a installé en 2017 un président d’une commission nationale avec pour mission d’organiser un congrès national et d’élire un secrétaire général du syndicat UGTA des douaniers algériens. Une mission qui n’a jamais été accomplie laissant ainsi les 48 sections agréés et régionales de ce syndicat des douaniers activer dans l’anarchie.

D’ailleurs, il convient de signaler à ce propos que les douaniers algériens réclament la dissolution de ce syndicat et l’organisation d’élections transparentes pour désigner de nouveaux représentants légitimes. Dans ce contexte, les douaniers se sont organisées de manière totalement autonome mais avec le soutien actif de leurs sections syndicales régionales pour organiser cette grève qui fait d’ores et déjà peur à la direction générale des douanes.

Celle-ci commence à exercer de fortes pressions sur les meneurs identifiés de cette grève et plusieurs convocations leur ont été adressées par la direction des ressources humaines. Mais ces menaces ne semblent guère décourager les douaniers algériens car le malaise a réellement explosé. « Nous vivons une situation sociale et professionnelle très difficile. Les Algériens nous font passer tous pour des corrompus. Personne ne sait que des douaniers risquent leur vie au sud du pays et dans certains postes frontaliers à l’est ou ouest du pays en affrontant des réseaux contrebandiers lourdement armés et qui sont prêts à s’en prendre à nous pour protéger leur business », nous fait savoir sous le couvert de l’anonymat un officier des douanes et l’un des organisateurs de la grève du 1er mars prochain.

Quant à la corruption qui sévit massivement dans les rangs des douanes algériennes, les douaniers dénoncent un préjugé qui ont la peau dure. « Arrêtons de croire que les douaniers algériens sont tous des corrompus. C’est la mal-vie et la précarité qui livrent les douaniers dans les bras de la corruption. Comment voulez-vous qu’un douanier avec un salaire de 32 mille Da ne demande des pots-de-vin alors qu’il voit défiler sous yeux des sommes colossales en devises ? A ce rythme, si la situation actuelle perdure, tous les douaniers algériens deviendront corrompus alors que je peux vous certifier qu’en ce moment à peine 40 % des douaniers algériens s’adonnent à la corruption », concluent enfin notre source qui nous donne rendez-vous le 1er mars pour démontrer la sincérité de leur combat en faveur d’une juste et saine gestion des douanes algériennes.

LEAVE A REPLY