Comment les bêtises du PDG d’Air Algérie ont conduit à la perte sèche de plusieurs milliers d’euros en deux jours

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Air Algérie de nouveau au coeur de la tourmente. Et cette fois-ci, l’addition est salée, très salée. Après un premier débrayage limité, les 1400 PNC, à savoir stewards et hôtesses, de la compagnie aérienne nationale, ont décidé d’observer une grève illimitée qui risque de porter le coup de grâce à une compagnie aérienne d’ores et déjà sur les bords de la faillite financière. 

En effet, ce mouvement de grève a été enclenché à la suite d’une terrible erreur de gestion et faute professionnelle du PDG d’Air Algérie Bakhouche Allèche. Ce dernier, au lieu de se comporter un manager professionnel et avec bon sens, il a envenimé la situation poussant ainsi Air Algérie vers le pourrissement. Tout a commencé hier lundi 17 février lorsque les PNC d’Air Algérie ont entamé un débrayage matinal pour protester contre leurs mauvaises conditions de travail et exprimer leurs inquiétudes concernant l’avenir de la compagnie plombée par le népotisme, la mauvaise gestion et les déficits financiers.

A ce moment-là, au lieu de se déplacer sur les lieux pour ouvrir les portes du dialogue et rassurer des travailleurs inquiets en toute légitimité, le PDG d’Air Algérie préfère couper les têtes des protestataires et décide de suspendre 26 stewards et hôtesses tout en saisissant la justice pour réprimer les grévistes. Un geste suicidaire puisqu’il incitera tous les 1400 PNC à se solidariser avec leurs confrères et consoeurs et le lendemain, à savoir ce mardi 18 février, ce qui était un simple débrayage est devenu une grève illimitée et les PNC jurent qu’ils ne lâcheront pas l’affaire jusqu’à ce que le PDG d’Air Algérie soit remplacé. Il faut savoir que derrière ce mouvement de colère, il n’y a aucune organisation syndicale. C’est bel et bien la corporation, à savoir la base, des PNC qui s’est révoltée pour exprimer son ras-le-bol contre la situation catastrophique d’Air Algérie.

Là encore, Bakhouche Allèche préfère le pourrissement à l’apaisement et joue cavalier seul. Il ne veut rien entendre et s’appuie sur la justice pour effrayer des PNC déterminés et enragés à la suite de la suspension de leurs collègues. Et pour faire décoller les avions et transporter les passagers, le PDG d’Air Algérie va sortir le chéquier pour affréter deux avions, deux Boeing 737, auprès de Tassili Airlines et un Airbus A330 auprès de Wamos Air, une compagnie privée espagnole basée à Madrid.

De nouvelles dépenses excessives pour une compagnie aérienne déficitaire. Pour chaque heure d’utilisation de ces avions notamment de l’avion de la compagnie espagnole, Air Algérie doit payer l’équivalent de 9000 euros. L’affrètement de ces avions a été décidé pour une durée de 5 jours par la direction générale d’Air Algérie, a-t-on appris de sources sûres au cours de nos investigations. Mais d’autres pertes sont provoquées par les annulations ou retards des vols. En deux jours, près de 500 mille euros d’amendes et de pénalités doivent être payées par Air Algérie pour justifier les retards ou la « reprogrammation » de ses vols au niveau des aéroports européens et français. Rien que pour les vols dépassant minuit et programmés à l’aéroport Roissy-Charles de Gaule, Air Algérie doit payer 40 mille euros supplémentaires pour chaque vol ! Les pertes sont énormes et si la grève des PNC va durer encore, Air Algérie sera fragilisée terriblement sur le plan financier.

Allèche Bakhouche a fait perdre à la compagnie des devises précieuses en ces temps durs. Il n’a tiré aucune leçon de la mauvaise expérience de janvier 2018 où la grève des PNC a causé un préjudice de 2,8 millions d’euros pour Air Algérie. A l’époque, Allèche Bakhouche a affrété à l’étranger 5 avions qui n’ont pas pu être exploités puisqu’ils ont été jugés non-conformes par la direction de l’aviation civile et de la météorologie (DACM). De l’argent parti en fumée sans que ces avions ne soient utilisés à bon escient. Un véritable scandale de dilapidation des deniers publics. Et malgré cela, l’actuel PDG d’Air Algérie a été maintenu dans ses fonctions. Aujourd’hui, il refait les mêmes erreurs et risque de compromettre définitivement l’avenir de la compagnie battant pavillon national.

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