Enorme suspense au tribunal de Bir Mourad Rais à Alger. Anis Rahmani, le controversé et sulfureux patron d’Ennahar TV, a été transféré depuis la brigade de recherches de Bab Jedid de la gendarmerie nationale vers ce tribunal algérois où il doit être entendu par le Procureur de la République ensuite un juge d’instruction qui doit se prononcer dés ce jeudi soir sur ce son sort. Et selon nos sources, Anis Rahamni pourrait rejoindre dés ce jeudi soir les autres membres de la Issaba à la prison d’El-Harrach. Une fin tragique pour celui qui fut pendant de longues années le prince intouchable de la propagande médiatique du pouvoir algérien. 

Cette affaire constitue un véritable test pour la justice algérienne. Durant le long règne d’Abdelaziz Bouteflika, cette justice a toujours donné un statut privilégié à Anis Rahmani qui était un véritable « intouchable » de la République. Nous avons révélé pendant nos précédentes publications que le ministère de la Justice subit une énorme pression pour contraindre les juges de remettre en liberté Anis Rahmani. Ce dernier devait comparaître devant le tribunal de Sidi M’hamed, mais finalement il a été déféré devant le tribunal de Bir Mourad Rais, une manière pour les autorités algériennes de faire tourner en bourrique les lobbyistes qui tentent d’obtenir la libération d’Anis Rahmani ? Fort probable puisque le tribunal de Bir Mourad Rais est beaucoup moins engorgé que le tribunal de Sidi M’hamed et demeure nettement plus contrôlable en cas d’intervention d’une quelconque chapelle politique.

Il est à noter enfin que le dossier d’Anis Rahmani est lourd. Il est poursuivi pour «infraction à la législation de change », « chantage pour l’obtention d’avantages indus », « abus de pouvoir » et « détention de comptes bancaires à l’étranger ». Lundi passé, c’est dans ce même tribunal de Bir Mourad Rais, Ennahar TV a été condamnée dans le procès qui l’opposait à l’ancien chef de la délégation olympique algérienne aux Jeux olymiques de Rio de Janeiro en 2016, Amar Brahmia, et à sa famille. Anis Rahmani et sa chaîne de télévision ont été condamnés pour « diffamation ». Aujourd’hui, jeudi 13 février, le destin d’Anis Rahmani va se jouer dans ce même tribunal algérois.

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