Exclusif. CNOOC, BP, BHP Biliton et d’autres : plusieurs compagnies pétrolières préparent leur départ de l’Algérie à cause de l’instabilité et de la mauvaise gouvernance

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Très mauvaise nouvelle pour l’Algérie. Plusieurs compagnies pétrolières internationales ont fait part de leur volonté de quitter notre pays et de céder leurs investissements ou leurs actifs. Ces sociétés étrangères, toutes de grandes compagnies internationales, se plaignent de l’instabilité chronique de l’Algérie et du mauvais climat d’affaires caractérisé par des tensions politiques dans le pays et l’absence d’un interlocuteur légitime qui peut les rassurer ou leur fournir des réponses à leurs préoccupations. 

Parmi ces compagnies internationales qui ont d’ores et déjà fait savoir aux autorités algériennes leur désir de quitter l’Algérie, nous retrouvons le groupe australien BHP Billiton, groupe mondial de premier plan en matière d’exploitation de ressources naturelles, qui est présent en Algérie dans un grand projet Rhourde Ouled Djemma (ROD) et champs pétroliers satellites dans les blocs 401a/402a.

BHP Billiton, groupe mondial de premier plan en matière d’exploitation de ressources naturelles, a adhéré récemment en juillet 2016 à un accord consistant à réaliser à  l’achèvement du processus d’unification par le raccordement du champ pétrolier Sif Fatima, détenu à 100% par la Sonatrach, au champ Sif Fatima Nord-Est qui est partie intégrante de Rhourde Ouled Djemma.

Le groupe pétrolier BHP Billiton possède officiellement 38 % d’intérêt dans le projet ROD, comprenant six gisements satellites dans le bassin Berkine, opéré par une joint-venture du groupe Eni et du major algérien Sonatrach. Le groupe australien veut aujourd’hui céder ses parts dans ce projet et cherche volontiers un repreneur car, semble-t-il, il ne croit plus au potentiel du secteur des hydrocarbures en Algérie en raison de toutes les turbulences qui secouent leur partenaire Sonatrach : changement de trois PDG en une année, guerre de clans interne au sein de toutes les directions, des projets qui traînent, des marchés bâclés et des règles de management que les Algériens ne respectent pas.

Face à ces pratiques, c’est le ras-le-bol. Et les hauts responsables de la CNOOC (China National Offshore Oil Corporation) développent le même sentiment et désire eux-aussi abandonner leurs activités en Algérie pour partir explorer des gisements sous des cieux plus cléments. Et pourtant, la CNOOC  a participé grandement à la réalisation du  forage du puits Rhourde Ez Zita-1 bis (REZ-1 bis)” dans le contrat du Hassi Bir Rekaiz. En mars 2016, les résultats de ce puits rajoutés à ceux déjà enregistrés durant la campagne de forage d’exploration, qui a commencé fin 2011, ont confirmé  le potentiel important du périmètre Hassi Bir Rekaiz.  II faut savoir que que dans le cadre de ce contrat, Sonatrach est partenaire majoritaire à hauteur de 51%) avec Cnooc à 24,5% et PTTEP, en charge de l’opérating durant la phase de recherche, à 24,5%.

Malheureusement, ces premiers résultats prometteurs ont été gâchis par les actuels problèmes de mauvaise gestion et d’absence d’un management de bon à la Sonatrach. Ce qui a contraint la CNOOC à revoir sa copie en envisageant de quitter définitivement l’Algérie.

Le géant britannique BP a d’ores et déjà contacté une banque d’affaires internationale pour lui trouver un repreneur de ses actifs et investissements dans l’une des plus stratégiques plateformes gazières coexploitée par Statoil et Sonatrach à In Amenas, a-t-on pu confirmer au cours de nos investigations.  BP espère lever environ 2 milliards de dollars en vendant sa participation de 45,89% dans l’usine de gaz naturel d’In Amenas. Une usine qui a une capacité de production de 9 milliards de mètres cubes par an. L’usine a produit environ 46000 barils de pétrole par jour en 2018.BP et Equinor, l’actuel nom de la compagnie norvégienne Statoil, ont signé en décembre 2017 un accord de prolongation de cinq ans de pour le partage de production à In Amenas avec Sonatrach, qui a été ratifié en avril 2018. Décidément, BP ne veut pas explorer l’avenir en Algérie et chercher de l’herbe verte ailleurs.

Cette vague de départs des investisseurs étrangers vient aggraver les premières défections constatées et enregistrées en 2018. Le cas plus éloquent est certainement le russe Rosneft qui a commencé des démarches pour retirer des gisements de pétrole de Takouazet-Est et Ouest, ainsi que de Tesselit Nord depuis 2017. Le Groupe avait voulu vendre ses parts en Algérie, exigeant pas moins de 200 millions de dollars pour les céder. L’opération était restée en stand-by. C’est dire enfin que l’Algérie n’est plus attrayante pour des raisons de coût ou de rentabilité. Mais aussi pour des raisons politiques.

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