En Afrique, Tebboune continue de réfléchir comme Bouteflika au lieu de penser à des investissements pragmatiques

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« J’ai décidé d’imprimer une nouvelle dynamique à la coopération internationale de l’Algérie, notamment en direction des pays frères en Afrique et au Sahel.  Une volonté politique qui se traduira par des mesures concrètes et immédiates. Ainsi, j’ai décidé la création d’une Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement (ALDEC) à vocation africaine, qui aura pour principale mission la concrétisation sur le terrain de notre volonté de renforcer l’aide, l’assistance et la solidarité avec les pays voisins, notamment les pays frères au Sahel ». C’est avec ces mots que le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé ainsi le retour en force  de l’Algérie sur la scène africaine en marge des travaux de l’ouverture de la 33ème session ordinaire de l’Union africaine à Addis Abeba.  Les intentions sont louables, mais les mécanismes sont-ils judicieux ? 

En vérité, Abdelmadjid Tebboune continue de réfléchir avec la même logique que son prédécesseur Abdelaziz Bouteflika. Tebboune reproduit la même vision considérant ces pays de l’Afrique sub-saharienne comme pauvres qu’il faut aider alors qu’en réalité, ils sont des marchés porteurs d’opportunités et de projets d’investissements pour l’Algérie.

« Tous les domaines de coopération seront couverts par cette agence qui sera dotée de tous les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions à travers la réalisation de projet concrets et utiles. J’en suivrai personnellement les programmes et je m’efforcerai de placer à sa tête une personnalité ayant les compétences et le savoir-faire requis pour la réalisation de notre aspiration à une solidarité fraternelle », a expliqué ainsi Tebboune en parlant de l’avenir de cette agence algérienne de coopération internationale qui s’inspire du modèle turc ou des autres pays développés.

Or, l’Algérie veut donner de l’argent qu’elle risque ne pas avoir ! En effet, notre pays n’est pas un pays développé ni riche et ses revenus en devises sont en chute libre. L’Algérie elle-même est confrontée à d’immenses difficultés de financements et des problématiques de sous-développement. D’où est-ce qu’elle va ramener de l’argent pour financer des projets dans les autres pays de l’Afrique sub-saharienne à la lumière de ces données économiques catastrophiques ? Le rêve de Tebboune risque de s’évaporer rapidement.

Or, un autre rêve est possible. Le rêve d’une Algérie qui sort de ses frontières pour aller chercher des opportunités de business dans les autres pays voisins de l’Afrique subsaharienne. Au lieu de prêter et de subventionner ces pays voisins comme le font les puissances mondiales, l’Algérie devrait s’investir dans leurs marchés locaux et investir dans des projets de développement économique pour profiter de la croissance prometteuse de ces pays où tout reste à faire dans ces pays vierges.

L’Algérie doit s’inspirer du modèle marocain qui conjugue parfaitement le pragmatisme. Ces 5 dernières années, le business marocain est devenu un acteur majeur et important notamment en Afrique de l’ouest. Entre 2003 et 2017, soit quatorze ans, les entreprises marocaines ont investi plus de 3,8 milliards de dollars pour conquérir les marchés africains.

Agrobusiness, les télécoms, les TIC, l’industrie, l’énergie, la santé, les BTP, les entreprises marocaines s’imposent dans plusieurs pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Gabon, le Mali ou le Burkina Faso. L’Afrique importe la majorité de ses produits de consommation et l’enjeu majeur est de réussir La mise en place d’industries locales par ses forces vives. Le Maroc a sauté sur l’occasion et ses entreprises font de belles affaires dans ces pays que l’Algérie veut aider financièrement sans contrepartie ! Et avec ces réussites économiques, le Maroc développe son lobbying diplomatique dans ces pays de l’Afrique subsaharienne alors que l’Algérie développe encore un discours tiers-mondiste suranné. Dommage…

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