Documents exclusifs. Grand malaise dans les rangs des contrôleurs aériens algériens qui protestent contre la « militarisation » de leur profession

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Un grand malaise éclate dans les rangs des contrôleurs aériens algériens. A Dar El-Beida, au niveau de la tour de contrôle qui gère tout le trafic aérien du nord de la capitale, une dizaine de contrôleurs aériens ont organisé un rassemblement de protestation pour exprimer leur colère contre ce qu’ils qualifient « une militarisation de leur profession » qui n’obéit à aucune loi. 
En effet, la direction générale de l’Etablissement National de la Navigation Aérienne (ENNA) a décidé, à la surprise générale, d’accorder des promotions intrigantes au personnel militaire mobilisé au niveau des centres et tours de contrôle aérien répartis à travers le pays. Les contrôleurs militaires aériens seront bientôt promus et occuperont les fonctions de chefs d’équipe et superviseront le travail des contrôleurs aériens civils.
Or, ces derniers refusent d’accepter cette situation et de travailler  dans ces conditions qu’ils qualifient d’inéquitables d’autant plus que la plus grande responsabilité du contrôle aérien repose sur leurs épaules. A la Tour de contrôle de Dar El-Beida où travaillent plus de 25 contrôleurs et au Centre de contrôle régional de Oued Smar où travaillent 224 contrôleurs aériens, le personnel de l’ENNA est quotidiennement mobilisé pour réguler le trafic aérien et veiller sur le bon déroulement des vols, les décollages ou les atterrissages de tous les avions qui traversent le ciel algérien.
Partant de constat, les contrôleurs aériens civils ne comprennent pas le bien-fondé de ces promotions accordées « abusivement » à des contrôleurs militaires qui ne fournissent pas leurs efforts ni jouissent de leur expérience.
Face au premier rassemblement de protestation, la direction générale de l’ENNA a fait parvenir à ses contrôleurs aériens un courrier où elle botte en touche et justifie les privilèges qui seront accordés au personnel militaire. Une réponse qui a exaspéré encore davantage les contrôleurs aériens. Ces derniers ont décidé d’entamer un premier mouvement de grève le lundi prochain. Et cette grève montera crescendo à partir du mardi prochain. Les contrôleurs aériens vont réduire petit à petit leur travail ce qui peut ainsi paralyser le trafic aérien et empêcher les vols des compagnies aériennes de décoller ou d’atterrir sur les aéroports algériens notamment l’Aéroport d’Alger. Une situation dangereuse qui causera un énorme préjudice aux voyageurs algériens. Et au lieu de trouver des solutions, l’ENNA est en train d’aggraver le pourrissement de la situation avec sa gestion chaotique de ce secteur névralgique. Rappelons en dernier lieu qu’il y a plus de 500 contrôleurs aériens répartis à travers plusieurs centres de contrôle régionaux…

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