Usines de l’électroménager, ateliers de chaussures, commerçants : des secteurs entiers au bord de la faillite en Algérie

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Le début de cette nouvelle année 2020 marque un tournant dangereux et catastrophique pour l’économie algérienne qui sombre officiellement dans une récession inquiétante. Plusieurs secteurs sont au bord de la faillite et des activités entières sont en train d’être démantelées sous les yeux du gouvernement et des autorités algériennes incapables de trouver des solutions afin d’empêcher le pire, à savoir le chômage massif et la misère sociale. 

La célèbre ENIEM qui gèle ses activités et lance un cri de détresse, le groupe privé Condor qui licencie des milliers de travailleurs, fermeture et gel des activités des usines de montage des véhicules comme Hyundai à Tiaret du groupe Tahkout ou de KIA Algérie à Batna appartenant à Global Motors Industries (GMI) de Hassan Larbaoui, des entreprises publiques ébranlées et surtout le secteur privé algérien hérité de l’ère d’Abdelaziz Bouteflika est en train de sombrer dans la faillite de jour en jour.

La majorité des patrons sont en prison, et la majorité de leurs employés manifestent et se rassemblent dans les rues pour réclamer aux autorités une sérieuse prise en charge de leur devenir à l’image des milliers employés du groupe ETRHB d’Ali Haddad. Des emplois sont réellement en danger. 16 mille employés de l’ETRHB d’Ali Haddad, 15 mille autres employés du groupe Condor, 13 mille employés du groupe Tahkout, plus de 5 mille employés du groupe Global Motors Industries (GMI), etc., la liste est longue, très longue et tous les ingrédients d’une explosion sociale sont réunis en Algérie à cause de cette terrible régression économique. Et il n’y a pas que les usines et sociétés des anciens oligarques algériens qui  sont menacées. Plusieurs autres secteurs sont touchés de plein fouet et des entreprises issues de divers horizons s’apprêtent à mettre la clé sous le paillasson.

Preuve en est, ce lundi, le président de la commission chaussure affiliée à l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCA), Mustapha Benamar a annoncé, lundi à Alger, le recensement de plus de 3500 ateliers de fabrication de chaussures à l’échelle nationale, dont 80% ont dû fermer pour faillite, en raison d’entraves bureaucratiques, de manque de financement ou de la concurrence des produits importés. Lors d’une conférence de presse organisée par l’ANCA sous le thème « le marché de la chaussure entre l’importation et les défis de la production », M. Benamar a indiqué que le nombre d’ateliers de fabrication de chaussures recensés oscille entre 3500 et 4000 ateliers à l’échelle nationale, précisant que 800 voire 900 ateliers seulement sont opérationnels, au moment où les autres ont fait faillite en raison du manque de financement ou des taxes élevées appliquées sur la matière première.

Hier dimanche, c’était le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCAA), El Hadj Tahar Boulenouar qui avait indiqué que  » près de 80 000 commerçants ont changé d’activité tandis que d’autres ont versé dans l’informel. »  Selon Boulenouar, les raisons qui ont poussé ces commerçants à cesser leur activité sont l’indisponibilité des produits de large consommation ainsi que l’instabilité des prix.

Et pour compléter ce tableau très sombre, les réserves de change de l’Algérie ont reculé pour atteindre 62 milliards de dollars actuellement, a indiqué lundi le Gouverneur de la Banque d’Algérie (BA), Aïmen Benabderrahmane. Fin avril 2019, les réserves de change du pays étaient de 72,6 mds USD, contre 79,88 mds USD à la fin 2018 et 97,33 mds USD à la fin 2017. Les pertes sont donc colossales et notre seule et unique tirelire est en train de se vider sous nos yeux.

Les indicateurs sont donc au rouge et l’actuel gouvernement mis en place par Abdelmadjid Tebboune n’a, pour le moment, dévoilé aucun plan concret pour redresser la situation du pays. De la pure inconscience qui risque de coûter cher, très cher à l’Algérie.

 

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