Document exclusif. Projet Desertec : Sonelgaz a encaissé plus de 26 millions d’euros sans jamais les rendre ni concrétiser le moindre projet

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Il s’agit d’un méga-projet qui devait garantir à l’Algérie une nouvelle source de devises. Un projet qui aurait pu permettre à l’Algérie de rompre avec sa dépendance vis-à-vis de la manne pétrolière et gazière. Il s’agit du fameux projet Desertec, un projet très ambitieux qui prévoit l’exploitation du potentiel énergétique des déserts d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient afin d’approvisionner durablement les régions avoisinantes (en particulier l’Europe) en électricité verte.  En juin 2012, la Sonelgaz, la compagnie étatique algérienne de distribution de l’électricité et du gaz, et Desertec Industrial Initiative  (DII) ont conclu un accord pour travailler sur un projet de production d’électricité renouvelable de 1 000 MW.

A cette époque-là, la Sonelgaz et ses partenaires allemands ont imaginé un projet de 1 000 MW avec 90% de la production qui seront destinés à l’exportation et 10% à la consommation nationale. Auparavant,  un premier accord portant sur la collaboration entre DII et la Sonelgaz avait été signé le 9 décembre 2011 à Bruxelles. Cet accord devait permettre le renforcement des échanges d’expertise technique, l’examen des voies et moyens pour l’accès aux marchés extérieurs et la promotion commune du développement des énergies renouvelables en Algérie et à l’international.

En 2012-2013, l’Algérie avait, à différentes occasions, exprimé sa disponibilité à participer à des projets d’exportation d’électricité renouvelable, mais avait aussi conditionné sa participation par un partage de financements, une ouverture plus conséquente du marché européen de l’électricité et un transfert de la technologie.
Des études ont été réalisées pour expliquer qu’entre 2012-2022, la capacité à installer des énergies renouvelables est de 4 219 MW sur la base des technologies éoliennes, photovoltaïques et solaires thermique (CSP). Le montant relatif à la réalisation de ce programme s’élèvait à plus 2 111 milliards de dinars (21 mrds €).  Ce montant devait être divisé comme suit : 26% d pour le photovoltaïque, 69% pour le CSP et 5%  pour l’éolien.

 

En mars 2012, l’Algérie était très sérieuse dans ce projet et voulait réellement emprunter la voie de l’énergie solaire et renouvelable. Un premier budget a été même débloqué par le Fonds National d’investissement (FNI) auprès de la Sonelgaz pour réaliser une première usine de fabrication de modules photovoltaïques. Le FNI, la plus importante institution financière en Algérie, a débloqué un financement de plus de 26 millions d’euros au profit de la Sonelgaz pour que cette grosse entreprise publique engage officiellement son partenariat ambitieux avec les allemands. Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations un document exclusif qui dévoile tous les tenants et aboutissements de ce financement accordé par le FNI à la Sonelgaz. Un financement conclu par le FNI via la BNA à qui ce courrier officiel a été adressé le 1er mars 2012 pour l’instruite de participer au financement de ce projet important.

Notre document exclusif prouve ainsi que la Sonelgaz a bel et bien touché de l’argent public pour financer ce projet depuis 2012. Mais  ce projet a-t-il vu le jour ? Non, loin s’en faut. Cette usine n’a jamais vu le jour et personne ne sait ce qui est advenu de cet rgent public accordé à la Sonelgaz. L’Algérie a entièrement raté ses engagements contractés dans le projet Desertec.

Officiellement, l’Algérie dispose actuellement de 22 centrales d’électricité à base d’énergie solaire d’une capacité de 0,4 GW. Un projet d’une capacité de 5,6 GW n’est toujours pas lancé. En 2014, la DII chargée de Desertec a été dissoute dans sa forme originale et il ne restait qu’un cabinet conseil basé à Dubaï, chargé d’accompagner le développement des pays du golfe dans l’énergie solaire. Avec la collaboration des entreprises chinoises, notamment le géant chinois dans l’énergie solaire Jinko Solar Holdings est en train de révolutionner toute la région du golfe dans cette forme d’énergie. D’un autre côté, le conglomérat nippon Soft Bank Group et l’Arabie Saoudite ont décidé de développer conjointement un méga projet solaire d’une capacité de 200 GW d’ici 2030. Une partie de 7,2 GW d’énergie solaire est déjà rentrée en production.

Malheureusement, l’Algérie est à la traîne par rapport à ces pays et demeure jusqu’à aujourd’hui dépendante de son pétrole et gaz sans aucune autre solution alternative.

Rappelons enfin que le concept Desertec repose sur le fait que chaque km2 de désert reçoit annuellement « une énergie solaire équivalent à 1,5 million de barils de pétrole. La surface totale des déserts sur la planète entière fournirait plusieurs centaines de fois l’énergie utilisée actuellement dans le monde » ; couvrir 0,3 % des 40 millions de km2 de déserts de la planète en centrales solaires thermiques permettrait de couvrir les besoins électriques de la planète en 2009 (environ 18 000 TWh/an)

et NAREVA a été déclaré adjudicataire provisoire pour la réalisation de la centrale photovoltaïque de Gafsa, lancée en appel d’offres international par le Ministère de l’Industrie & des PME et la STEG (Société Tunisienne de l’Electricité et du Gaz).

Ce groupement aura ainsi la charge de développer, concevoir, financer, construire, exploiter et assurer la maintenance de la centrale photovoltaïque de Gafsa, d’une capacité de 120 MWp sur une période de 20 ans à partir de sa mise en service.

Ce projet d’envergure fait partie des premiers projets IPP « Independent Power Producer » solaires lancés par la Tunisie et s’inscrit dans le programme de développement du secteur des énergies renouvelables avec pour objectif d’atteindre, à horizon 2030, une part de 30% d’énergies renouvelables dans la production nationale d’électricité.

La centrale de Gafsa devrait alimenter plus de 100 000 foyers tunisiens par an et contribuer à éviter 150 000 tonnes d’émissions de CO2 par an.

Ce projet constitue la première collaboration entre ENGIE et NAREVA en Tunisie, après une expérience commune au Maroc avec la réalisation, notamment, du parc éolien de Tarfaya, l’un des plus grands d’Afrique.

Monsieur Yoven Moorooven, CEO de ENGIE Afrique a déclaré : « Le succès de cette offre scelle encore davantage notre partenariat à long terme avec NAREVA. La Tunisie s’est engagée dans un plan ambitieux de construction de nouvelles capacités de production d’électricité renouvelable avec pour objectif d’installer 3800 MW d’ici 2030. Le programme actuel a montré des résultats très compétitifs pour le pays et nous sommes fiers d’y participer. »

Monsieur Saïd Elhadi, PDG de NAREVA a déclaré : « Nous nous réjouissons de ce projet solaire remporté avec notre partenaire ENGIE en Tunisie. NAREVA est honorée de contribuer au déploiement du Plan Solaire Tunisien constituant la pierre angulaire de la politique de transition énergétique du pays. »

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