Exclusif. Air Algérie termine l’année 2019 avec un déficit de près de 180 millions de dollars

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Air Algérie commence la nouvelle année 2020 mal, très mal. Ce jeudi matin, à la surprise générale, les membres du Personnel Naviguant Commercial (PNC), à savoir les hôtesses et stewards, d’Air Algérie ont recouru à un débrayage surprise pour dénoncer de nombreux dysfonctionnements de la compagnie battant pavillon national. 

Les protestataires dénoncent la non- application du régime de travail, qui par conséquent, affecté considérablement la qualité de service à bord et la santé du personnel, un équipage réduit, le favoritisme et passe-droit, le cumul de congés non- appurés et le dimensionnement hasardeux du personnel d’Air Algérie.

De nombreux autres problèmes ont été abordés par les grévistes qui ont paralysé la compagnie pendant toute une matinée ce jeudi. Ils citent le protocole social inexistant, le non-respect des critères de recrutement et les sanctions abusives et arbitraires. Mais dans la réalité, les problèmes d’Air Algérie sont beaucoup plus graves et dangereux qu’on le pense.

Nous avons appris, effectivement, au cours de nos investigations que la compagnie Air Algérie a terminé l’année 2019 avec un déficit énorme de 18 milliards de Da, à savoir l’équivalent de près de 180 millions de dollars. Ce déficit considérable et énorme démontre que la compagnie aérienne nationale ne dégage aucun bénéfice et ses charges sont plus beaucoup importantes que ses revenus. En vérité, Air Algérie est une compagnie aérienne totalement endettée auprès de l’Etat algérien et ne vit que des subventions de l’Etat algérien. Son modèle économique est quasiment inexistant. Et si l’Etat algérien est ébranlé par une crise financière, Air Algérie est tout bonnement menacée de faillite.

 

A cette situation financière hyper-compliquée s’ajoute les tensions internes qui divisent la compagnie. En effet, une terrible lutte de clans ravage de l’intérieur Air Algérie et menace sa stabilité. Le PDG et son entourage de fidèles sont régulièrement en guerre froide contre des anciens cadres, les pilotes les plus expérimentés ou d’autres dirigeants de la compagnie qui sont farouchement opposés à la gestion de Bakhouche Alleche, l’actuel PDG d’Air Algérie. Un PDG dont le bilan est encore loin d’être à la hauteur des attentes et besoins de la compagnie aérienne nationale. D’autre part, une autre guerre de clans oppose les divers syndicats qui regroupe le personnel d’Air Algérie. L’UGTA, le Syndicat national du personnel navigant commercial algérien (SNPNCA) ou Le syndicat autonome des pilotes de ligne (SPLA), chaque camp tente de mobiliser contre l’autre et se targue d’être le plus représentatif. Mais pour sauver la compagnie de la faillite financière et pour la relever, aucun acteur n’appelle à l’union autour d’une nouvelle feuille de route réformiste. C’est inquiétant.

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