« Lors d’un vol de nuit programmé hier lundi 27 janvier 2020, et aux environs de 22h00, un avion militaire de type SU-30 a fait l’objet d’un crash dans un lieu inhabité situé aux environs de Mechta Chimot à 16 kilomètres de la commune de Ain Zitoun dans la wilaya de Oum El Bouaghi en 5ème Région Militaire, causant le décès du pilote et de son assistant ». C’est avec ces mots que le ministère de la Défense nationale en Algérie a parlé de l’énième drame qui vient de survenir dans notre pays. Oui, un énième drame parce que les crashs des avions militaires algériens ne sont pas du tout un cas isolé. Chaque année, ces tragédies endeuillent des familles algériennes. Des familles qui n’ont jamais su les résultats des enquêtes déclenchées pour comprendre les circonstances mystérieuses de ces crashs. 

Et pourtant, les chiffres font froid dans le dos. Depuis 2007, il y a eu plus de 21 crashs aériens impliquant des appareils militaires algériens en Algérie. Entre 2007 et 2017, au moins 115 personnes ont perdu la vie dans des accidents aériens militaires et ce bilan macabre est important car il inclus celui des 77 victimes du crash du Hercule C130 d’Oum El Bouaghi en 2014. Mais le bilan devient nettement plus meurtrier avec le terrible crash d’un avion militaire à côté de l’aéroport militaire de Boufarik le 11 avril 2018. Ce crash avait fait 257 morts, majoritairement des militaires et des membres de leurs familles.

L’appareil assurait un vol Boufarik-Tindouf-Béchar. Tindouf, à 1 800 km d’Alger. C’est le crash le plus tragique dans l’histoire de l’Algérie. Juste à après ce drame, le ministère de la défense a ordonné la mise en place « immédiate d’une commission d’enquête afin de déterminer les circonstances de l’accident ». Nous sommes aujourd’hui en 2020 et aucune instance officielle n’a communiqué sur les résultats définitifs de cette enquête. Les Algériens ne savent toujours pourquoi l’appareil  Iliouchine IL-76, un quadriréacteur civil ou militaire de fabrication soviétique puis russe, de l’armée s’est écrasé près de Boufarik.

Les mêmes traditions d’opacité et de silence ont été observées lors des précédents accidents aériens en Algérie. Ce silence intriguant a nourri de nombreuses théories y compris les plus farfelues. Vétusté des appareils militaires algériens, mauvaise formation des pilotes ou encadrement peu sérieux des dispositifs de contrôle et de surveillance des exercices aériens, les hypothèses sont très nombreuses et la vérité est nulle part.

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