Confidentiel. Tous les dossiers judiciaires des oligarques algériens retardés pour entamer des négociations concernant la restitution de leur argent

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De nombreux procès des oligarques les plus riches de l’ère Bouteflika n’ont pas été programmés et retardés à la dernière minute alors qu’ils devaient avoir lieu à partir de la deuxième moitié du mois de janvier, a-t-on appris au cours de nos investigations. Mêmes les procès des hauts responsables politiques dans lesquels sont impliqués de richissimes hommes d’affaires ont été momentanément gelés à l’image du procès d’Abdelghani Hamel, l’ex-puissant patron de la DGSN, prévu initialement le 20 janvier dernier. 

Entre le 15 janvier et le 20 février, plusieurs dossiers en cours d’instruction judiciaire devait aboutir à des procès programmés. Il s’agit notamment du dossier de Tahkout, Mourad Oulmi, propriétaire du groupe SOVAC et des frères Kouninef. Les trois dossiers sont officiellement en instruction judiciaire depuis plus de 8 mois. Les principaux accusés dans ces dossiers notamment les oligarques Mahieddine Tahkout, Mourad Oulmi ou les trois frères Kouninef et leurs proches ainsi que de nombreux collaborateurs et leurs interlocuteurs au sein des institutions de l’Etat sont sous mandat de dépôt depuis plus de 9 mois. Pourquoi la justice algérienne est-elle donc à l’arrêt ? Selon plusieurs sources judiciaires approchées par Algérie Part, le gel momentané de la programmation de tous ces procès a été demandé par la Présidence de la République.

L’ordre vient d’Abdelmadjid Tebboune en personne qui veut tenter une nouvelle stratégie face à ces lourds dossiers judiciaires. Tebboune ne croit pas à l’utilité des procès spectaculaires comme celui organisé entre le 4 décembre et 10 décembre 2019 au cours duquel Sellal et Ouyahia ont été condamnés à de lourdes peines en compagnie de plusieurs oligarques comme Mohamed Bairi, Ahmed Mazouz et Ali Haddad. 

Selon nos sources, Tebboune cherche un moyen de proposer un marché à ces oligarques encore en prison : restitution de l’argent et des biens à l’étranger en contrepartie d’une réduction des peines d’emprisonnement. Le nouveau Président algérien veut faire de la récupération de l’argent public détourné vers l’étranger une priorité absolue car elle constituait son principal argument électoral lors de la campagne pour les élections présidentielles du 12 décembre 2019.

Abdelmadjid Tebboune espère ainsi amener les oligarques algériens à reconnaître leur tort et restituer les fortunes placées à l’étranger pour renflouer les caisses de l’Etat algérien. Cette posture arrange davantage l’agenda du nouveau Président que les procès marathoniens qui risquent d’entacher la crédibilité de la justice algérienne et du pouvoir algérien avec les révélations fracassantes qui seront faites par des hommes d’affaires longtemps choyés et protégés par ceux-là mêmes qui vont les juger aujourd’hui…

 

 

 

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