De l’argent et des financements pour les écoles, les monuments historiques et la formation : la TIKA, le lobbying efficace de la Turquie en Algérie

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La Turquie a élaboré une stratégie très intelligente pour exercer un lobbying efficace en Algérie. Un lobbying qui a pour principal objectif de rallier l’Algérie aux intérêts de l’agenda turc. Et dans cette offensive de charme et de séduction, la Turquie emploie son principal atout : la TIKA. Il s’agit effectivement de l‘agence turque de la coopération et de la coordination (TIKA) qui s’est lancé plusieurs chantiers stratégiques depuis 2014 en Algérie. Des chantiers de développement et de renforcement de la présence turque en Algérie. Des chantiers entièrement financés par l’argent de la Turquie. 

Ce dimanche, dés l’arrivée du président Erdogan en Turquie à l’invitation de son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune, la TIK a profité de cette occasion pour frapper un gros coup et s’attirer les ferveurs des Algériens. En effet, ce dimanche matin, la première Dame de la République de Turquie, Mme Emine Erdogan, a inauguré dans la commune de la Casbah (Alger) un laboratoire informatique à l’école primaire Arezki Adjoud. Un cadeau pour les enfants algériens entièrement financé par la Turquie. Le nouveau laboratoire informatique profitera aux élèves de quatre écoles avoisinantes de la commune la Casbah, un quartier populaire marginalisé par les autorités algériennes et dont les habitants locaux souffrent des conditions de vie les déplorables.

La TIKA a visé juste et la diplomatie turque lance des mesures pour se rapprocher de la classe populaire algérienne qui composent le coeur battant du Hirak algérien, ce mouvement populaire qui ébranle toute la scène politique algérienne depuis le 22 février 2019. La TIKA finance ces dernières des actions de proximité qui touchent directement le quotidien des habitants des quartiers populaires faisant ainsi de la Turquie un pays ami et fascinant pour les « algériens d’en bas » négligés par les dirigeants politiques algériens.

Toujours à la Casbah d’Alger, de 2014 jusu’à décembre 2017, la TIKA financé entièrement  d’un monument majeur datant de de la période Ottomane. Il s’agit de la célèbre mosquée Ketchoua qui est redevenue flamboyante grâce au travail de la TIKA. Celle-ci s’est dirigée ensuite vers la deuxième ville du pays, Oran où elle travaille sur  les projets de restauration de deux autres monuments majeurs : la mosquée « Pacha » et le palais des « Beys ». Avec le soutien de la Holding turque « Tosyali » implantée dans la région d’Oran, la TIKA va reproduire la même expérience que celle de la mosquée Ketchoua à Alger.

Le palais des « Beys » a été construit en 1792 à l’emplacement d’une église espagnole, il fut utilisé par les Français à la suite de la colonisation et est actuellement fermé aux visiteurs. la mosquée « Pacha » fut construite en 1796 en l’honneur de la victoire ottomane face aux Espagnols. A la suite de la colonisation française, la mosquée a été fermée ou bien utilisée à des fins militaires, puis réouverte avant d’être refermée, à nouveau, en 2004, en raison de son état catastrophique.

Face à une Algérie en plein désarroi, la TIKA a établi un plan ingénieux consistant à réhabiliter la mémoire d’un personnage qui a joué le rôle de sauveur dans l’histoire de l’Algérie. Il s’agit de Baba Aroudj auquel la TIKA veut dédier une stèle à Ain Témouchent.

Mais la TIKA ne limite pas ses actions uniquement à la sphère culturelle. Elle privilégie beaucoup la formation comme en février 2019 où une semaine avant le déclenchement du Hirak, Ankara a accueilli 10 diplomates algériens pour qu’il soit formé à l’Académie de diplomatie du ministère turc des Affaires étrangères. La Turquie exerce donc une influence direct sur l’appareil diplomatique du pouvoir algérien. En tout et pour tout, pas moins de 57 projets ont été financés par la TIKA en Algérie entre 2016 et 2019. Des projets qui concernent tous les secteurs et concernent de près comme de loin les institutions étatiques comme les citoyens lambda. Ces actions démontrent toute la force du lobbying turc en Algérie. Un lobbying qui ne cesse de se renforcer et agrandir. C’est pour cette raison que la Turquie devient peu à peu un acteur influent sur l’échiquier algérien.

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