Exclusif. Formés au FBI et par le gendarmerie française, comment le général Belkecir a cassé la carrière d’une trentaine d’officiers hauts gradés de la gendarmerie algérienne

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C’est un véritable gâchis qui a duré plus de deux ans. Le général Ghali Belkecir, l’ancien commandant de la gendarmerie nationale, actuellement en fuite en Europe alors qu’il est cité officiellement dans plusieurs dossiers de corruption, a été à l’origine du sabotage de carrière d’une trentaine d’officiers algériens sur lesquels l’Etat algérien a investi énormément d’argent pour les former selon les standards internationaux. 

Il s’agit, effectivement, d’une trentaine d’officiers gradés de la gendarmerie algérienne qui ont été sélectionnés à partir de 2015-2016 pour bénéficier d’un ambitieux programme de formation destiné à renforcer leurs compétences dans l’exploitation du renseignement, un axe majeur sur lequel l’Etat algérien a voulu investir des sommes colossales pour améliorer sa lutte contre l’insécurité et le terrorisme sous toutes ses formes.

Au départ, ces officiers algériens ont été envoyés aux Etats-Unis pour suivre une formation au sein du prestigieux et célèbre FBI, le principal service fédéral de police judiciaire et un service de renseignement intérieur américain. Une formation axée sur les compétences nécessaires et les nouvelles méthodes d’enquête sur les cartels de drogue et les mécanisme de blanchiment d’argent, deux fléaux majeurs qui menacent la sécurité nationale en Algérie.

Ensuite, après les Etats-Unis, ces gendarmes algériens ont participé à un deuxième stage de formation dans les rangs de la gendarmerie française. Au bout de deux ans de formation, ces gendarmes algériens devaient prendre leurs fonctions au sein de la brigade de recherches de Bab Jedid pour commencer l’application de leur savoir-faire. Malheureusement, à partir du 4 juillet 2018, le sinistre général Ghali Belkecir a été nommé à la tête du commandement de de la gendarmerie nationale. Et ce dernier va exclure dés le départ ces officiers bien formés qui ne lui inspirent aucune confiance. Le général Belkecir va privilégier le colonel Mourad Zaghdoudi à la tête de la brigade de recherches de Bab Jedid et fera de lui son principal bras-droit.

Il le dotera d’une équipe d’officiers totalement incompétents, mais ô combien serviles et obéissants. Les conséquences, nous les connaissons tous : après le Hirak, les magouilles du colonel Mourad Zaghdoudi seront dévoilés au grand jour et il se fera emprisonné avant d’être condamné à 5 ans de prison ferme par le tribunal militaire de Blida. Quant au général Belkecir, il fuit à l’étranger à partir de la fin du mois d’août 2019 et laissera derrière lui des dégâts incommensurables sur la gendarmerie algérienne. Les officiers sur lesquels l’Etat algérien a investi beaucoup d’argent pour les former ont été marginalisés durant tout le règne du général Belkecir et ont été affectés dans plusieurs centres ou écoles de la gendarmerie algérienne. Après le limogeage du controversé général Belkecir, ils ont été réhabilités et beaucoup d’entre-eux sont, désormais, des enquêteurs à la brigade de recherches de Bab Jedid.

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