Les journalistes algériens ont encore une fois ignoré la question des détenus d’opinion et détenus politiques : honteux !

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Censure, auto-censure, bêtise du montage de la télévision officielle l’ENTV et des télévisions privées El-Bilad et El-Hayat ou omission volontaire et assumée pour des considérations politiques ? C’est la question que tous les Algériens et Algériennes sont en droit de se poser après avoir regardé avec attention la première entrevue du nouveau Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avec les représentants et patrons de plusieurs médias privés et publics dont des quotidiens nationaux comme le Soir d’Algérie ou El-Moudjahid ainsi que des télévisions privées comme El-Hayat TV et El-Bilad TV. 

Une entrevue qui a duré plusieurs heures et dont l’ENTV a diffusé hier mercredi soir tout un résumé. Et pendant cette diffusion, force est constater que pas un seul journaliste présent à cette entrevue n’a osé interpeller le nouveau Président sur la question des détenus d’opinion et détenus politiques dans notre pays. Les patrons de presse assis confortablement dans leurs fauteuils jouissant du luxe éphémère du Palais Présidentiel d’El-Mouradia n’ont formulé aucune question au premier Magistrat du pays à propos des souffrances et douleurs des Karim Tabbou, Fodil Boumala, des personnalités politiques respectables emprisonnées pour avoir exprimé en toute liberté et pacifisme une opinion politique qui ne viole aucune règle fondamentale de notre pays.

Nos patrons de presse et journalistes mis à l’honneur par la Présidence de la République n’ont pas éprouvé la nécessité d’interpeller le Chef de l’Etat au sujet des injustices flagrantes qui terrassent l’étudiante  Nour El-Houda Oggadi ou des dizaines d’autres détenus d’opinion qui croupissent encore et toujours dans les prisons algériennes parce qu’ils ont tout simplement manifesté pacifiquement dans les rues de leur pays.

Cette omission, volontaire ou involontaire, est indigne de la déontologie du journalisme. Elle est indigne des valeurs des pères fondateurs de la presse libre algérienne. Aucune considération politique ou menace de censure ne peut justifier l’énième silence des représentants de la presse algérienne sur la question des détenus politiques et d’opinion qui touche et concerne tous les Algériens. Ce silence est une dangereuse compromission. Ce qui s’est passé mercredi soir au Palais Présidentiel d’El-Mouradia est tout simplement honteux…

 

 

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