Les relations avec la France, le rôle de l’Algérie, la Libye et le Hirak : tout ce que Jean-Yves Le Drian a dit à Alger

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Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a visité aujourd’hui mardi Alger pour rencontrer le nouveau Président Tebboune et  Sabri Boukadoum, ministre algérien des Affaires étrangères. A la suite de ces rencontres, Le Drian a animé une conférence de presse au cours de laquelle il a résumé les enjeux de sa visite et les propos qu’il avait tenu avec les hauts responsables algériens. Ce document intégral reprend toutes les déclarations faites par Le Drian à Alger. 

 

Je suis très heureux de retrouver nos amis algériens. L’Algérie a connu, au cours de l’année écoulée, une phase décisive de son histoire. Nous avons en permanence, au long de cette période, redit toujours la même chose.

Nous avons toujours dit que c’était aux Algériens et à eux seuls de décider de leur avenir et de trouver ensemble les chemins d’un dialogue démocratique. Parce que cela faisait partie du respect que nous avons de la souveraineté de l’Algérie. Les élections présidentielles ont eu lieu. Il y a désormais un nouveau gouvernement avec lequel la France veut travailler. Nos Présidents et Premiers ministres se sont parlé au cours des dernières semaines.

Le Président Tebboune a manifesté une ambition pour l’Algérie, celle de la réformer en profondeur, pour renforcer la gouvernance, l’État de droit et les libertés, également pour relancer et diversifier l’économie, conformément aux aspirations exprimées par les Algériens depuis un an. Il s’est engagé à conduire l’Algérie dans un esprit de dialogue, afin que tous les Algériens puissent s’exprimer sur ces réformes.

Nous souhaitons qu’il réussisse dans cette mission et que la mise en œuvre de ces réformes conduise au succès de l’Algérie et des Algériens. J’ai exprimé à Sabri Boukadoum, que je connaissais déjà, l’amitié de la France et notre souhait d’ouvrir une nouvelle phase de nos relations bilatérales. Nous partageons la volonté de réengager nos échanges au plus haut niveau en 2020 afin de lancer la nouvelle dynamique que tu viens d’évoquer lors du calendrier que nous avons validé ensemble. Cela signifie que dans tous les secteurs de notre coopération, que ce soit la sécurité, que ce soit l’économie, la culture, la justice, l’éducation, la mobilité, la formation, nous allons reprendre nos discussions, les approfondir et leur donner une nouvelle dynamique.

Je dois dire aussi que dans l’actualité internationale, et singulièrement dans l’actualité internationale régionale, nous allons avoir l’occasion d’évoquer ensemble plusieurs dossiers. Nous étions ensemble à Berlin, avant-hier, sur le conflit libyen et nous allons coordonner nos efforts, au-delà même de la mise en place d’un cessez-le-feu durable, pour recréer du dialogue politique, et nous allons agir ensemble pour que les efforts que nous avons initiés à Berlin puissent se poursuivre.

Nous allons également faire le point sur la situation au Sahel, et rappeler nos objectifs communs de sécurité et de lutte contre le terrorisme. Face à ces défis majeurs, et face à bien d’autres questions, la France et l’Algérie ont une convergence de vues, et notre concertation est primordiale. L’Algérie est une puissance dont la voix compte au plan international. Elle l’a rappelé, récemment, en lançant plusieurs initiatives diplomatiques. C’est une puissance d’équilibre et de paix, fermement attachée au respect de la souveraineté des États et au dialogue politique.

L’Algérie est écoutée et respectée, et sur ces bases-là, nous pouvons avoir ensemble une relation extrêmement forte, qui va être initiée de nouveau tout à l’heure dans les entretiens que j’aurai avec le Premier ministre et avec le Président cet après-midi. Merci de votre attention

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