Exclusif. Le Conseil National d’Investissement rouvre le dossier du méga-projet du phosphate sous l’égide d’une sulfureuse haut responsable

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Aujourd’hui, lundi le Conseil National d’Investissement s’est réuni à Alger pour étudier la relance du méga-projet du phosphate que des investisseurs chinois devaient réaliser à l’est algérien. Cette réunion a été organisée à la suite de la reprise des pourparlers entre le groupe Sonatrach et le groupe Chinois CITIC construction. 

Les deux groupes ont signé le 9 janvier dernier Alger un avenant au protocole d’accord relatif au projet intégré de production de phosphate en Algérie, conclu en 2018. Pour rappel, les deux groupes avaient conclu, le 26 novembre 2018, un accord qui précise les termes de référence relatifs au développement d’un partenariat à travers la création, en Algérie, d’une société conjointe pour la réalisation de ce grand projet d’exploitation et de transformation du phosphate et de gaz naturel, dont la partie algérienne détient 51% contre 49% pour la partie chinoise, est réparti entre le gisement de Bled El-Hadba dans la wilaya de Tebessa (Est d’Algérie), sur 2045 hectares, la plateforme de Oued Kebrit à Souk Ahras, s’étendant sur 1484 ha , celle de Hadjar Essoud à Skikda, sur 149 ha et enfin le port de Annaba sur 42 ha.

Malheureusement, depuis 2018, rien de concret n’a été accompli et l’instabilité politique dans laquelle l’Algérie a été plongée à partir de février 2019 ont dissuadé les investisseurs chinois à lancer ce projet faisant perdre ainsi à l’Algérie un investissement de 7 milliards de dollars. 

Ce projet était vraiment une grande ambition et une énorme chance pour l’Algérie puisque les partenaires chinois ont promis un financement de 80 % des réalisations des installations industrielles grâce à des prêts de grosses banques chinoises. Le méga-projet en question obéissait à la règle 51/49%. Il était réparti entre le gisement de Bled El Hadba à Tébessa (2045  ha), la plateforme de Oued Kebrit à Souk Ahras (1484 ha), celle de Hadjar Essoud à Skikda (149 ha) et le port de Annaba (42 ha).

Cet investissement, qui est doté d’une enveloppe dépassant les 7 milliards de dollars, devait créer 3000 postes de travail directs alors que ses chantiers de réalisation à travers les quatre wilayas assureront 14 000 postes d’emploi. Le complexe de phosphate devait garantir des revenus en devises à hauteur de 1,9 milliard de dollars/an.

Aujourd’hui, Sonatrach et l’Etat algérien semblent vouloir rattraper le temps perdu en relançant les négociations avec les partenaires chinois. Mais autour de la Table, nous retrouvons uniquement le groupe CITIC alors que plus personne n’a entendu parler du deuxième investisseur de ce projet, le deuxième groupe chinois Wengfu.

Autre élément troublant, plusieurs sources concordantes ont assuré que la gestion de ce projet est très hasardeuse à cause de la secrétaire générale du ministère de l’Energie, Fatma Zohra Chorfi, qui avait désignée comme la principale coordinatrice de ce méga-projet. Le mode de gestion amateur et peu sérieux de cette haut responsable du ministère de l’Energie impliquée dans plusieurs affaires troublantes et douteuses, comme il avait été démontré auparavant par les investigations d’Algérie Part, a fortement déplu aux investisseurs chinois et à des dirigeants du groupe Sonatrach qui déplorent dans les coulisses des obstacles bureaucratiques et un manque  de réactivité incompréhensible de la part de la SG du ministère de l’Energie alors que ce méga-projet revêt un intérêt stratégique pour l’Algérie.

Il est à rappeler enfin que le CNI doit étudier ce dossier et statuer sur les privilèges fiscaux et parafiscaux qui doivent être accordés aux investisseurs chinois désireux de s’implanter en Algérie. Ces mêmes avantage qui ont fait l’objet du procès controversé pour corruption de plusieurs anciens oligarques du régime Bouteflika comme Ahmed Mazouz, Hassan Larbaoui ou Mohamed Bairi. 

Le CNI est placé sous l’autorité du Premier ministre qui en assure la présidence. Ses travaux sont sanctionnés par des décisions, des avis et des recommandations. Le redéploiement institutionnel opéré en octobre 2006 a renforcé le CNI dans son rôle stratégique. L’action de ce conseil s’exerce désormais en matière de décisions stratégiques relatives à l’investissement et en matière d’examen des dossiers d’investissements présentant un intérêt pour l’économie nationale. Les membres permanents qui composent le CNI sont les ministres chargés des portefeuilles suivants :

  • Collectivités locales ;
  • Finances ;
  • Industrie et promotion des investissements ;
  • Commerce ;
  • Énergie et mines ;
  • Tourisme ;
  • Petite et moyenne entreprise et artisanat ;
  • Aménagement du territoire, environnement et tourisme.

examine et décide notamment des avantages à accorder aux projets d’investissement dont le montant est égal ou supérieur à 5.000.000.000 de dinars ainsi que ceux d’intérêt national donnant lieu à une convention d’investissement. Mais le fonctionnement de ces avantages ne cessent pas de susciter la controverse en Algérie. Nous y reviendrons.

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