Des sociétés privées de gardiennage chargées de protéger les hôpitaux : la bourde dangereuse de Tebboune

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Lors du dernier Conseil des Ministres présidé samedi dernier par Abdelmadjid Tebboune, une décision controversée a été prise et communiquée au ministère de la Santé. Il s’agit de confier la sécurité du personnel médical ds hôpitaux algériens à des sociétés de sécurité privée.  Une décision qui peut s’avérer dangereuse car elle engage la gestion et l’attribution des marchés publics à des opérateurs privés. Un processus qui donne lieu facilement à des pratiques de corruption et de détournement de deniers publics.   

Un danger auquel Abdelmadjid Tebboune et ses ministres n’ont pas pensé puisqu’ils ont pris cette décision dans la précipitation générale. Lors du conseil des ministres de samedi dernier, le Président Tebboune a évoqué le phénomène de la violence à l’égard du personnel médical au sein des établissements hospitaliers. Et à ce titre, il a demandé la prise de mesures, notamment la contractualisation avec des sociétés privées afin de garantir la sécurité des personnels et des infrastructures de santé.  En clair, le nouveau Président veut que les hôpitaux publics signent des contrats avec des sociétés privées de gardiennage.

Mais pourquoi recourir à ces sociétés privées alors que la police algérienne ne cesse de renforcer ses rangs et pourrait dédier des brigades à la surveillance des hôpitaux ? A quoi sert le conséquent budget attribué chaque année à la Police algérienne ? Il faut savoir que la DGSN verra l’ouverture de 5.981 nouveaux postes en 2020. C’est-à-dire que près de 6000 nouveaux policiers seront recrutés cette année. En plus, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), bénéficiera en 2020, du plus grand budget pour l’acquisition de matériel d’armement et le renouvellement du parc automobile. La part de lion du budget du ministère de l’Intérieur reviendra à la DGSN. Il faut savoir qu’en 2020, le budget du ministère de l’Intérieur en Algérie avoisine les… 4 milliards de dollars.

Avec tous ces moyens financiers et logistiques, L’Etat algérien est-il réellement dans le besoin de payer des sociétés privées pour protéger les médecins dans les 300 hôpitaux dont 15 Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) répartis à travers le pays ? Certainement non ! Et malgré ces réalités, Tebboune a donné cette nouvelle instruction qui soulève, désormais, de nouvelles interrogations.

Il faut savoir qu’effectivement le « marché de la sécurité » est géré en Algérie dans une totale opacité depuis voilà plus de 20 ANS. En Algérie, il y a bel et bien un décret législatif n°93-16 du 4 décembre 1993 « fixant les conditions d’exercice des activités de gardiennage, de transport de fonds et de produits sensibles ». Mais dans la réalité, derrière ces sociétés de gardiennage nous retrouvons régulièrement des anciens caciques de l’armée, des officiers supérieurs des services de renseignement, l’ancien DRS, ou des hommes d’affaires influents proches des décideurs politiques du pouvoir algérien. Confier à ces sociétés dirigées sans aucune transparence la gestion de la sécurité de nos hôpitaux publics risque donc d’enrichir des gens peu recommandables sur lesquels la justice algérienne devrait diligenter une enquête approfondie.

Il est à souligner enfin que des sociétés étrangères activent également dans le sud du pays pour la sécurité des sociétés pétrolières. Algérie Part avait publié précédemment une enquête sur les secrets de ce marché stratégique de plusieurs millions d’euros qui est monopolisé par ces sociétés étrangères dans lesquelles nous retrouvons des anciens hauts gradés des forces militaires des puissances étrangères. 

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