Exclusif. Des lobbys manoeuvrent pour placer un ami de Sellal et Ali Haddad à la tête de la commerciale de Sonatrach

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La situation anarchique dans laquelle patauge l’Algérie en dépit de l’arrivée au Palais Présidentiel d’El-Mouradia d’un nouveau Président de la République a ouvert la voie à de nouveaux lobbys qui s’immiscent dangereusement dans les affaires de l’Etat pour dégommer des dirigeants et les remplacer par d’autres hauts responsables malléables qui arrangent leurs intérêts mercantiles et affairistes. C’est exactement ce qui est en train de se passer autour de la Sonatrach, la compagnie nationale des hydrocarbures, le poumon économique du pays. 

Nous avons effectivement appris que des pressions sont actuellement exercées sur le ministère de l’Energie et sur le nouveau Premier-ministre, Abdelaziz Djerad, pour les inciter à procéder à la nomination d’un haut responsable controversé, un personnage sulfureux connecté pendant de longues années à la « Issaba » du régime Bouteflika, au poste de vice-président de l’activité commerciale, à savoir l’un des postes les plus stratégiques à la tête de l’establishment de Sonatrach occupé auparavant par Ahmed Mazighi. Ce dernier a été forcé de prendre ses congés en prévision de son départ de la direction générale de Sonatrach et son remplaçant provisoire Nourredine Tamm.

Or, au moment où Sonatrach souffre donc d’une dangereuse instabilité, des lobbys veulent profiter de ce climat délétère en tentant de contraindre le nouveau gouvernement et l’entourage du Président Tebboune à déstabiliser encore une nouvelle fois la direction générale de Sonatrach à travers la nomination d’un certain Akli Remini à la tête de la direction commerciale de Sonatrach.

Ces manoeuvres relèvent de l’inconscience car le seul « poumon économique » du pays qui ramène des devises à l’Etat algérien a besoin de retrouver une stabilité managériale et une sérénité dans les rangs de ses décideurs. Mais ces lobbys ambitionnent de faire main-basse sur la direction commerciale de Sonatrach, la plus stratégique des directions du groupe. Et le personnage plébiscité par ces lobbyistes qui se bousculent en ce moment devant le bureau d’Abdelaziz Djerad ou le Palais Présidentiel d’El-Mouradia est un ancien ami à Abdelmalek Sellal et Ali Haddad ! Un choix qui fait froid dans le dos.

En effet, l’homme que ces lobbyistes veulent placer à la tête de la direction commerciale de Sonatrach s’appelle Akli Remini. Il était l’ancien vice-président Aval à Sonatrach en charge du raffinage, de la liquéfaction et de la pétrochimie. Il avait été limogé de son poste en février 2017 pour être remplacé par Ahmed Settouhi, un responsable qui cumulait une longue expérience dans l’aval.

A l’époque, c’était l’ancien ministre de l’Energie, Noureddine Bouterfa, qui avait intervenu pour le démettre de ses fonctions en raison de sa proximité troublante et inquiétante avec l’oligarque milliardaire Ali Haddad et l’ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Depuis sa résidence à Moretti, juste à côté de Club-des-Pins, Akli Remini se targuait d’être le véritable patron et décideur de Sonatrach. Aucun marché majeur ou gros contrat ne pouvait se faire ni réaliser sans son aval. Et à cause de ce manager, la Sonatrach a fait de graves erreurs qui ont retardé des projets stratégiques à l’image de la rénovation de la raffinerie d’Alger qui n’a pas repris sa production jusqu’à aujourd’hui ou la gestion opaque et douteuse du projet de  la grande station de dessalement d’eau de mer située à El Mactâa, à l’est d’Oran.  Personne n’a osé un jour réclamer des comptes à Akli Remini parce que ce dernier profitait d’une étonnante impunité grâce à son amitié avec Sellal. Une amitié qui lui a permis également de grimper rapidement les échelons en cumulant les fonctions à la tête de plusieurs filiales de Sonatrach comme Naftal ou Naftec avant de prendre le poste de directeur exécutif chargé des participations à Sonatrach.

Algérie Part publiera prochainement des révélations fracassantes sur les irrégularités et anomalies des chantiers gérés essentiellement par Akli Remini. Ce dernier a même tenté  de maintenir ses prérogatives grâce aux services qu’il rendait aux personnalités les plus influentes du régime Bouteflika comme l’oligarque sulfureux Ali Haddad, l’homme a qui il avait prodigué des conseils stratégiques pour lui permettre de racheter 17 % des parts de la florissante entreprise des engrais Fertial. AKli Remini était le véritable cerveau de cette opération de rachat qui fait couler beaucoup d’encre et qui constitue jusqu’à aujourd’hui l’objet des enquêtes menées par la justice algérienne.  

Akli Remini est, en plus, un homme de pouvoir qui aime les privilèges. Preuve en est, même après son limogeage en février 2017, il avait exercé son lobbying pour rester dans le cercle réduit des dirigeants de la compagnie pétrolière nationale alors qu’il avait atteint et dépassé l’âge légal de départ à la retraite. Il avait effectivement persuadé l’ex-PDG de Sonatrach Amine Mazouzi de lui attribuer un bureau au 9e étage du siège social de la compagnie nationale pétrolière à Hydra. Amine Mazouzi avait tenté de le garder près de lui en qualité de conseiller en dépit de sa mise à l’écart par le gouvernement.  Il aura fallu que le ministère de l’Energie intervienne sévèrement pour obliger Amine Mazouzi à évacuer Akli Remini du siège de la compagnie. Aujourd’hui, les lobbyistes qui militent pour son retour aux commandes de la direction commerciale Sonatrach tentent de profiter de l’instabilité politique du pays afin de tirer profit de leurs manoeuvres dangereuses qui vont porter un inquiétant préjudice à la bonne gouvernance de Sonatrach.

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