Documents exclusifs. Plus de 12 milliards de centimes pour une simple soirée d’inauguration du CIC de Club-des-Pins : le gaspillage de l’argent public, une banalité en Algérie

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En Algérie, il n’y a pas que la corruption, la dilapidation ou le détournement des deniers publics qui causent problème. Il y a aussi le gaspillage de l’argent public et l’usage usage excessif ou injustifié des deniers publics pour des dépenses onéreuses qui ne relèvent nullement de l’intérêt général. Et ce gaspillage est souvent un mécanisme de corruption déguisée qui permet de voler de l’argent public en gonflant des factures de prestations au profit des institutions de l’Etat de manière totalement irrationnelle.  Le dossier que nous révélons aujourd’hui en est une illustration parfaite. 

Il s’agit effectivement de la cérémonie d’inauguration du Centre international des Conférences (CIC) de Club-des-Pins en septembre 2016. Cette infrastructure a coûté plus de 500 millions de dollars au Trésor Public de l’Etat algérien. Certes, il s’agit de l’une des plus belles infrastructures dédiées à l’exposition et aux conférences de grande envergure en Algérie. Le CIC de Club-des-Pins   a notamment abrité le forum économique Algérie-Afrique. C’est en son sein que s’est tenu également le sommet de l’OPEP en septembre 2015. Géré officiellement par l’Etablissement de gestion de la résidence de Club des Pins, la rentabilité du CIC de Club-des-Pins n’a jamais été garantie et les entrées financières ont toujours constitué un sujet délicat et complexe.

Au départ, la gestion du CIC de Club-des-Pin a été confiée à une société américaine appelée GMH qui était chargée de gérer cet important et luxueux Palais des Expositions et des Conférences. Une année plus tard, à savoir en mai 2017, ka partie algérienne a fini par découvrir que cette entreprise étrangère a surfacturé ses prestations pour l’équivalent de 2,7 millions de dollars.

Une somme onéreuse que la partie algérienne a refusé de payer entraînant ainsi un conflit qui a duré plusieurs semaines avec la partie américaine. L’ambassadrice américaine à Alger, Joan Polaschik, a déployé toutes ses forces pour exercer des pressions sur le gouvernement algérien afin de verser cette somme excessive à GMH. Les négociations furent dures et ardues. Fort heureusement, la partie algérienne n’a pas cédé à toutes ces pressions. Elle a même pu démontrer que les gestionnaires américaines ont pondu des factures comportant de nombreuses anomalies. Les notes salées ont été gonflées et les chiffres arrondis. Au final, l’Algérie n’a versé à cette entreprise américaine que 700 mille Dollars. Le contrat a été, par la suite, rompu et la gestion du prestigieux CIC est revenue depuis peu à une entreprise autrichienne, dénommée Kora.

Mais, aujourd’hui après la chute du régime Bouteflika et l’emprisonnement du patron de la Résidence d’Etat de Sahel et de la société d’investissement hôtelière (SIH), l’influent Hamid Melzi, à partir du 7 mai 2019, le CIC de Club-des-Pins a disparu des radars et personne ne se soucie de son devenir. Et pourtant, il a coûté beaucoup d’argent à l’Etat algérien.

Enormément d’argent a été gaspillé et preuve en est, pour son inauguration, une réception a été organisée en septembre 2016. Et pour organiser cette cérémonie, plus de 12 milliards de centimes ont été dépensés pour un diner, des animations musicales et artistiques, un cocktail et des feux d’artifice… Oui, les documents exclusifs obtenus par Algérie Part démontrent clairement que plus de 12 milliards de centimes ont été claqués pour une simple cérémonie ! C’est tout simplement hallucinant. Les factures obtenues par Algérie Part au cours de nos investigations détaillent toutes ces dépenses onéreuses qui soulèvent de nombreuses interrogations.

A la lecture de ces chiffres, il est légitime de s’interroger sur la légalité de ces montants énormissimes pour une simple fête qui a duré une partie de la soirée ou de la nuit. Et cet argent provient directement des caisses de l’Etat puisque c’est le Fonds National d’Investissement (FNI), la plus importante institution financière publique en Algérie, qui a financé toutes ces dépenses avec un prêt de 170 millions de Da dont 52 % de parts transférables en devises, comme l’attestent nos documents. Depuis quand le FNI finance et soutient une simple cérémonie d’inauguration ou une fête protocolaire ? Le FNI n’a-t-il pas pour mission de booster les investissements et les projets économique à valeur ajoutée ? Cette affaire risque bel et bien de nous conduire à un nouveau scandale de dilapidation de deniers publics. Algérie Part poursuit ses investigations et reviendra sur sujet avec de nouvelles révélations.

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