Ancien élément de la police des frontières (PAF), passé par l’école de police d’El Hamiz, Omar Bacha est le responsable de la sécurité de l’aéroport d’Alger. Il avait remplacé Mohamed Tiarti au niveau de l’aéroport Houari Boumediene, limogé suite à la sortie pour la france de l’ancien chef de la 2ème région militaire le Général-Major Said Bey, alors sous ISTN.

Il y a quelques semaines, le commissaire divisionnaire Omar Bacha a été l’auteur d’une violente agression sexuelle commise contre Zahia B., agent de police au sein de l’aéroport d’Alger.

Abusant de l’autorité conférée par sa fonction envers sa collègue, Omar Bacha a porté atteinte à la dignité de la victime, à l’intégrité de sa personne et à son droit au travail.

La loi 15-19 du 30 décembre 2015 punit d’un emprisonnement d’un an à trois ans et d’une amende de 100.000 DA à 300.000 DA, toute personne qui abuse de l’autorité que lui confère sa fonction ou sa profession et, quiconque harcèle autrui par tout acte, propos à caractère ou insinuation sexuelle.

Ces peines sont aggravées à l’emprisonnement de deux à cinq ans et d’une amende de 200.000 DA à 500.000 DA dans le cas où le fait commis a été facilité par la vulnérabilité, la maladie, l’infirmité, la déficience physique ou psychique de la victime ou par un état de grossesse, que ces circonstances soient apparentes ou connues de l’auteur.

Zahia B., ne voulant pas souffrir en silence même si elle était terrifiée à l’idée de perdre son emploi, n’a pas hésité à se plaindre auprès de sa hiérarchie, dénonçant l’agression sexuelle qu’elle avait subie.

L’administration de la police a vite ouvert une enquête puis a convoqué Omar Bacha à une commission de discipline.

Seulement voilà, Omar Bacha est le protégé du Directeur Général de la sûreté Nationale : Khelifa Ounissi.

 »Le DGSN a pesé de tout son poids sur les membres de la commission de discipline pour faire acquitter son ami auteur d’un viol !’’ nous a indiqué un agent de la police de l’aéroport d’Alger

L’affaire a vite été expédiée et Omar Bacha a été disculpé. Personne ne s’est, depuis, penché sur l’équilibre psychologique de la victime, en proie à un sentiment d’impuissance et de désespoir…

Les innombrable cas de dépassements et d’abus au niveau du principal aéroport algérien, renseignent sur l’état de déliquescence morale et de l’impunité dont jouissent certains privilégiés.

Zedmiya R., alias Jomana, travaille à la Direction Générale de la Société de Gestion des Services et Infrastructures Aéroportuaires (SGSIA).

Cette personne, qui n’a rien à voir avec le corps de la police est toutefois très proche d’Omar Bacha au point de se permettre tous les excès. Il en est de même de Fatma F., agent de police à l’Aéroport d’Alger. Elle entretient une relation plus qu’amicale avec son chef hiérarchique.

 »Elles ont une influence sur le premier responsable de la sécurité de l’Aéroport d’Alger telle, qu’elles sont arrivées à exiger et obtenir la mutation de certains officiers et la nomination d’autres selon des considérations pour le moins extra-professionnelles quand elles ne sont pas liées à des considérations purement personnelles. Voilà à quoi se réduit le service de la DGSN, en charge de la sécurité d’un centre névralgique par excellence ! » indique un jeune officier de police de l’aéroport d’Alger.

Ces révélations, vérifiées auprès de plusieurs personnes, font froid dans le dos. Comment en est-on arrivé là ?

Que font les contrôleurs de l’Administration du transport et les inspections du Ministère de l’Intérieur ?

 »Si certains responsables des services de sécurité ne respectent ni la loi ni les règlements, comment pourraient-ils l’exiger de la part de leurs collègues, de leurs subalternes ou des usagers de l’aéroport ? Leur comportement est très dangereux du point de vue sécuritaire. Cette attitude donne une piètre image de la Police et affecte malheureusement tous ceux qui sont honnêtes ! » note à juste titre le même jeune officier de police.

Alors que les aéroports du pays enregistrent quotidiennement des tentatives de transferts illicites de devises, dont les montants et l’ampleur sont de plus en plus importants, il nous parait évident que le personnel en charge de la sécurité aéroportuaire se doit d’être exemplaire et vigilant et surtout ne souffrir d’aucune influence.

 »Depuis l’installation de la nouvelle direction de police à l’aéroport d’Alger, rien ne va plus, le relâchement est visible. Il y a quelques jours, c’est Omar Bacha lui-même qui a aidé Tahar Allache, le PDG de la SGSIA, à prendre un vol pour la France et éviter les contrôles de la PAF alors qu’il est sous Interdiction de Sortie du Territoire National ! » Nous a assuré la même source.

Nous avons tenté de contacter Omar Bacha pour lui permettre de s’exprimer sur ses graves accusations, en vain…

Ce qui se passe au niveau de l’aéroport d’Alger devrait interpeller les plus hautes autorités de l’Etat dans les plus brefs délais. Il y va de la sécurité de tous !

Amir Youness

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