Tayeb Kebbal, l’ex-PDG d’Algérie Télécom, et M. Berani, ex-directeur général adjoint commercial à Algérie Télécom et l’un des principaux managers de la société Monetix appartenant aux frères Kouninef, ont été convoqués et auditionnés hier mardi par un magistrat de la 13e chambre du tribunal de Sidi M’hamed, a-t-on appris au cours de nos investigations. 

Ces deux anciens hauts responsables d’Algérie Télécom ont été interrogés à propos du dossier des frères Kouninef et des marchés publics qu’ils ont obtenu dans le secteur des télécommunications depuis l’arrivée au ministère des TICS, de la Poste et des Télécommunications de Houda-Imane Feraoun. 

Il faut savoir qu’entre 2016 et 2017, les frères Kouninef ont décroché avec leur partenaire russe BPC des marchés publics pour déployer le paiement électronique estimé à 1,3 milliard de DA.  Les Kouninef avaient aussi décroché le marché de la carte Chifa, en s’associant avec le groupe franco-néerlandais Gemalto, à travers sa société Tesiame.  En décembre 2016, les frères Kouninef ont obtenu le marché d’Algérie Poste (18 millions de clients) avec leur solution d’e-paiement et d’e-commerce, BaridiNet. Il s’agit d’un marché de 137 millions de Da et les Kouninef s’appuyaient sur leur partenaire russe  BPC Banking Technologies qui fournit la plateforme technologique Smartvista au cœur de BaridiNet, est alliée à Monetix, dont l’actionnaire et président du conseil d’administration est Noah-Tarek Kouninef, le plus jeune des frères Kouninef.

Au mois d’avril 2016, Monetix de la famille Kouninef a remporté également l’appel d’offre de mise en place et le développement d’un réseau de paiement électronique émis par la Société d’automatisation des transactions interbancaires et de monétique pour 739 millions de DA. Celui-ci prévoit notamment le déploiement de 22 000 terminaux de paiement électronique, avec l’implication technique d’Al Wataniya Telecom Algérie et de NagraID (filiale suisse du spécialiste des cartes sécurisées Oberthur), tous deux actionnaires minoritaires de Monetix. La Satim avait confié plus tard, en novembre 2016, à Monetix et BPC, le soin d’assurer la migration de sa solution monétique vers Smartvista par le biais d’un marché de 481 millions de dinars.

La justice algérienne veut savoir, désormais, si Houda-Feraoun et des hauts responsables du ministère des TIC, la Poste et les Télécommunications n’ont pas intervenu pour favoriser les frères Kouninef dans la course pour l’obtenir de tous ces marchés publics. De nombreux éléments et dossiers démontrent une proximité troublante entre Houda Feraoun et les frères Kouninef. Houda Feraoun a, d’ailleurs, été interrogé sur ces relations avec cette famille de puissants oligarques lors de sa convocation par la brigade de recherches de Bab jedid de la gendarmerie nationale. 

 

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