Le sulfureux PDG de la Société de Gestion des Systèmes et Infrastructures Aéroportuaires d’Alger (SGSIA) s’est rendu à l’étranger malgré son Interdiction de Sortie du Territoire National (ISTN).

Nous avons appris par plusieurs sources que Tahar Allache, le PDG de la SGSIA s’est rendu à Paris hier 13 Janvier 2020 par vol AF1655 d’Air France au départ d’Alger.

Le sulfureux patron de l’aéroport d’Alger, largement cité dans plusieurs affaires de corruption ayant entouré l’extension du terminal ouest du nouvel Aéroport, qui était sous ISTN, émis par la justice algérienne.

Tahar Allache – PDG de la SGSIA 

 

Cette mesure judiciaire répond essentiellement à des situations particulières, dont des considérations de sécurité ou d’ordre public et particulièrement pour éviter la fuite d’une personne soupçonnée d’un crime ou d’un délit.

Le code de procédure pénale dispose dans son article 36.bis.1 que :  » Le procureur de la République peut, pour les nécessités de l’enquête, sur rapport motivé de l’officier de police judiciaire, ordonner l’interdiction de sortie du territoire national de toute personne à l’encontre de laquelle il existe des indices faisant  présumer sa probable implication dans un crime ou un délit ; l’interdiction de sortie du territoire national, prise conformément aux dispositions de l’alinéa précédent, prend effet pour une durée de trois (3) mois renouvelable une seule fois ».

 » La levée de l’interdiction de sortie du territoire national est ordonnée dans les mêmes formes  ».

L’ISTN de Tahar Allache émanant du parquet de Dar El Beida confirme donc qu’il est sous l’effet d’une enquête motivée, diligentée par des officiers de la police judiciaire relevant des services de sécurité, en l’occurrence la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN), et confirme des indices faisant présumer sa probable implication dans un crime ou un délit.

Mais comment se fait-il que les agents et cadres de la Police Aux Frontières (PAF) appartenant à la même DGSN aient pu laisser passer les contrôles sans refouler Tahar Allache ?

Nos sources nous confirment que l’ordre est venu de la plus haute hiérarchie même de la DGSN, et plus précisément de la personne du Directeur même : Khelifa Ounissi !

Khelifa Ounissi – Directeur de la sûreté nationale

 

Enfin, le départ précipité de Tahar Allache pose tout un ensemble de questions dont celui du soutien indéfectible dont il jouit au niveau de l’Administration du Ministère des transports, qui a ignoré, rappelle-t-on, une ordonnance du juge de le relever de ses fonctions. Cet incroyable scénario constitue un véritable camouflet pour le Ministère de la Justice et vient prouver que Belkacem Zeghmati n’a aucune réelle autorité face à ce genre de personnage et à ses soutiens au sein du pouvoir !

Le voyage d’Allache est d’autant plus surprenant que des réunions importantes étaient programmées avec les différents sous-traitants du projet de l’aéroport et de la China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) qui a réalisé l’aéroport d’Alger, dans le but de signer les différents Procès-Verbaux (PV) de finalisation du projet qui lui reste toujours bloqué.

‘’Les paiements n’ont pas été versés aux différents sous-traitants qui refusent de signer les contrats de maintenance. C’est une véritable catastrophe par rapport à la gestion du projet et en termes de sécurité affectant autant le matériel que les personnes’’

Les raisons de santé invoquées par Tahar Allache sont-elles assez convaincantes pour justifier son départ précipité vers la France ?

Laissera-t-on encore une fois un simple DGSN fouler du pied les lois du Pays et les ordonnances des juges, sans que cela ne gêne nos décideurs, au point de nous faire douter de l’ère de changement qu’ils ne cessent de nous promettre à l’instar du président Tebboune ?

Depuis plusieurs semaines, le remplacement de Tahar Allache est évoqué. Le nom de l’ancien cadre à l’ENNA et conseiller chez Air Algérie, qui avait suivi des études à l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile (ENAC) de Toulouse en France, et qui représente l’Algérie dans les différentes réunions de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) circule dans les différents centres de décisions. Il s’agit d’Amine Debaghine Mesroua.

Ce qui est fondamentalement urgent est de faire confiance à des personnes aptes, propres et compétentes dans tous les domaines d’activité. C’est ainsi qu’on tournera définitivement la page aux arrivistes et affairistes qui, à l’instar de Tahar Allache, ont ruiné la réputation et les richesses de l’Algérie. C’est un changement de mentalité radical dont a besoin notre nation, et c’est cela qui constituera le véritable précurseur d’un développement majeur de notre Pays.

Amir Youness

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