Une Silicon Valley au Rwanda, des drones taxi en Chine, l’Industrie 4.0 en Malaisie et l’Algérie toujours… à l’arrêt

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Presidential candidate Abdelmadjid Tebboune casts his ballot at polling station, in Algiers, Algeria, Thursday, Dec. 12, 2019. Five candidates have their eyes on becoming the next president of Algeria _ without a leader since April _ in Thursday's contentious election boycotted by a massive pro-democracy movement. (AP Photo/Fateh Guidoum)

Au moment où l’Algérie entame la nouvelle année 2020 avec les mêmes sempiternels problèmes politiques qui se posent depuis plus de 20 ans, le reste du monde évolue à grand pas et dessine des stratégies d’avenir qui vont changer le visage de la planète. Un décalage extraordinaire qui aggrave le sous-développement de l’Algérie qui se retrouve de plus en plus larguée par les autres pays du monde. 

Et il ne faut pas aller jusqu’en Occident pour constater ce décalage économique et technologique. Le Rwanda, un petit pays de l’Afrique Australe entièrement ravagé par le génocide de 1994, a lancé l’une des plus ambitieuses Silicon Vally dans le monde.

Le Rwanda avec une croissance économique de 8% en 2019 a décidé d’aller encore plus loin en bâtissant sa propre Silicon Valley à Kigali, la capitale du Rwanda.  Le projet a été baptisé Kigali Innovation City (KIC). Il est le fruit d’un partenariat public-privé (PPP) tissé par le gouvernement rwandais et Africa50. Cette dernière, à titre d’information, est une plateforme spécialisée dans les investissements dans les infrastructures. Elle a été fondée par la BAD (Banque Africaine de Développement). Au total, ce projet ambitieux a nécessité une enveloppe de 2 milliards de dollars. Ainsi, Kigali deviendra la terre d’accueil privilégiée pour les entreprises technologiques, les entreprises de biotechnologie, les entreprises mondiales de commerce de détail et de l’immobilier et les universités.

En Algérie, on est loin de ces ambitions et les incubateurs comme celui qui se trouve dans la nouvelle ville de Sidi Abdellah ne dispose même pas d’une connexion internet digne de ce nom ! Quel paradoxe.

Si l’Algérie est distancée par le Rwanda, que doit-on dire si l’on compare aux autres pays développés de la planète ? A titre d’exemple, au moment où l’Algérie peine encore à définir une politique pour lancer une industrie primaire, en Malaisie, un pays musulman de l’Asie et une puissante émergente, le gouvernement est à l’ère de l’Industrie 4.0 !

Il faut savoir que l’industrie 4.0, un concept entièrement méconnu en Algérie, est défini comme « l’association d’Internet avec une nouvelle capacité à contrôler directement le monde physique, y compris les machines, les entreprises et les infrastructures ». Elle désigne donc une nouvelle organisation des moyens de productions qui s’appuie sur de nouvelles pratiques : Internet des objets, intelligence artificielle, informatique en nuage, mégadonnées, impression 3D, robots collaboratifs… En Malaisie, le ministère du commerce international et de l’industrie (MITI) évoque l’émergence de technologies « qui effacent les frontières entre ce qui est physique, numérique et biologique1 ».

L’industrie manufacturière joue un rôle clé dans l’économie malaisienne, et représente environ 22 % du PIB. Les produits manufacturés, les machines et équipements de transport représentent à eux seuls 53 % des exportations du pays. Sur les 49 000 entreprises industrielles en Malaisie, 98,5 % sont des PME. Leurs secteurs d’activités sont variés : 19 % travaillent dans le textile, 18 % dans les produits minéraux et métalliques, 17 % dans les produits en bois et le papier, et 16 % dans l’agroalimentaire. L’industrie emploie 2,1 millions de personnes en Malaisie (soit 17 % de la population active), dont 42 % travaillent dans des PME et 74 % sont Malaisiens. Avec cette nouvelle politique, il est prévu de doter ces entreprises des solutions technologiques appropriées pour tirer parti de l’industrie 4.0. Face à la Malaisie, l’Algérie est tout simplement dans un petit nain insignifiant.

Et pendant que notre Président Tebboune nomme un gouvernement de près de 40 ministres avec des prérogatives obscures et contradictoires, la Chine expérimente… le drone taxi ! Ce qui est considéré encore comme de la science-fiction en Algérie est aujourd’hui une réalité en Chine. L’appareil pèse 210 kilos, il peut voler 28 minutes et aller jusqu’à 130 km/h. Électriques, ses batteries au lithium se rechargent en une heure. Ce petit bijou de technologie sait seul reconnaître et éviter les obstacles, en cas de panne revenir seul à son point de départ. Et dire qu’en Algérie, l’armée se targue d’assembler des vieux 4X4 militaires.

Le monde bouge rapidement, très rapidement. Et notre pays reste paralysé par une crise politique qui dure depuis plus de 30 ans si l’on tient compte de tous ses aspects factuels et historiques. Quel gâchis.

 

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