Confidentiel. Le courant ne passe pas entre Alger et le Caire à cause de la Libye

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Une vive tension est en train d’éclater entre Alger et le Caire à cause de la gestion de la crise libyenne. L’Egypte a exclu ce mercredi l’Algérie d’une réunion stratégique organisée au Caire concernant les solutions qu’il faut apporter à la crise libyenne aggravée par la menace d’une intervention militaire turque. 

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukry, a invité ses homologues français, italien, grec et chypriote à se réunir aujourd’hui mercredi Caire. L’Algérie, le grand voisin de la Libye, a été écartée par la diplomatie égyptienne et cette dernière n’aurait même pas contacté Alger pour expliquer ses démarches et manoeuvres dont le but de faire « avancer la recherche d’une solution globale à la crise libyenne et faire face à tout ce qui y constituerait un obstacle », pour reprendre le vocabulaire de la diplomatie égyptienne.

A Alger, l’attitude solitaire de l’Egypte fait grincer des dents au plus haut sommet du pouvoir algérien, a-t-on appris de plusieurs sources proches à la fois de la Présidence de la République et du ministère de la Défense Nationale qui abrite le haut commandement militaire de l’armée algérienne.

En plus, insistent nos sources, l’Egypte essaie à tout prix de persuader les puissances européennes de favoriser l’avancée militaire du maréchal Haftar le présentant comme l’unique garantie d’une stabilité en Libye. Or, Alger refuse d’abandonner le principe de soutenir le gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU et basé à Tripoli.

Un gouvernement qui peut être renversé dans les jours à venir par le maréchal Haftar lequel avait lancé début avril une offensive pour conquérir la capitale et annoncé le 12 décembre le début d’une nouvelle bataille décisive pour s’emparer de Tripoli. Il est soutenu par l’Égypte, les Émirats arabes unis et la Russie. Sans une intervention militaire de la Turquie, le GNA ne tiendra pas encore longtemps. Et l’Algérie le sait pertinemment.

Officiellement, Alger veut une solution médiane consistant à lancer un dialogue politique qui fera taire les armes et aboutira à un consensus national entre les diverses parties belligérantes en Libye. Or, les efforts d’Alger sont torpillés par les manoeuvres du Caire qui ne voit aucune autre solution que de laisser Hafter conquérir Tripoli ensuite imposer le calme et la stabilité.

Cette situation engendre des dangers pour l’Algérie qui doute des capacités de Hafter à garantir la stabilité d’autant plus qu’il est l’allié de plusieurs groupes armés dont le sort demeure méconnu si la Libye tombe définitivement sous son contrôle. Face à ces tensions entre Alger et le Caire, le ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Luigi Di Maio, est attendu demain jeudi à Alger pour rencontrer des hauts responsables algériens et discuter des solutions communes qu’ils doivent adopter en Libye. Cette visite a rassuré Alger, indiquent nos sources, qui apprécie énormément le niveau de coopération avec l’Italie. Alger et Rome refuse tous les deux un embrasement militaire en Libye et ne veulent d’aucune intervention militaire externe. L’Algérie et l’Italie entendent donc faire pression pour empêcher que la guerre ne ravage la Libye.

 

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