Juste après leur départ du gouvernement pour céder leurs places aux nouveaux ministres désignés et sélectionnés par Abdelmadjid Tebboune et son premier-ministre, Abdelaziz  Djerad, Imane Houda Feraoun, l’ex-ministre des TIC, de la Poste et des Télécommunications, ainsi que Djamila Tamazirt, l’ex-ministre de l’Industrie et des Mines, ont été officiellement frappées d’une interdiction de quitter le territoire national (ISTN), a-t-on pu confirmer au cours de nos investigations. 

Selon nos informations, Houda Feraoun et Djamila Tamazirt font l’objet d’une enquête menée par la justice algérienne à propos de leur implication dans plusieurs dossiers et scandales de corruption. La justice a décidé donc de les soumettre à une ISTN pour les empêcher de fuir de l’étranger échappant ainsi aux potentielles poursuites judiciaires qui vont se déclencher prochainement à leur encontre.

Il faut  savoir que Houda Feraoun traîne une réputation très sulfureuse et son nom est évoqué dans plusieurs dossiers de corruption comme les marchés onéreux accordés au géant chinois Huawei ou  le Data-Center de Lakhdaria ainsi que le favoritisme ayant bénéficié aux frères Kouninef détenteurs de plusieurs projets stratégiques dans le secteur des TIC depuis l’arrivée au pouvoir de la jeune ministre en septembre 2015.

Quant à Djamila Tamazirt, avant d’accéder au poste de ministre de l’Industrie, elle faisait l’objet d’une enquête judiciaire concernant le scandale de l’oligarque Mohamed Laid Benamor. L’ex-PDG groupe ERIAD avait accordé des avantages illicites et des privilèges douteux permettant à Mohamed Laid Benamor de s’approprier le complexe public agro-alimentaire de Corso, l’une des unités de production les plus importantes dans l’industrie agroalimentaire. Et ce projet avait fini par se solder par l’un des scandales de détournements de deniers publics les plus tragiques pour le Trésor Public.

Ce dossier est, d’ailleurs, en instruction depuis le début de l’été 2019 au niveau du tribunal de Sidi M’hamed à Alger. Le milliardaire Mohamed Laid Benamor, l’un des plus importants bailleurs des campagnes électorales d’Abdelaziz Bouteflika depuis 2014, fut placé sous ISTN, lui et ses frères qui occupent des fonctions et détiennent des parts dans le capital des diverses entreprises du groupe Benamor, depuis le printemps 2019. L’enquête du tribunal de Sidi M’hamed portant sur des pratiques de corruption, trafic d’influence, octroi d’indus privilèges et avantages illicites a été terriblement ralentie à cause de la fonction ministérielle occupée par Djamila Tamazirt au ministère de l’Industrie au sein du gouvernement Bédoui. Aujourd’hui, à la suite de son départ du gouvernement, le tribunal de Sidi M’hamed peut enfin programmer le procès de l’ex-ministre et de l’oligarque Mohamed Laid Benamor.

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