Révélations. Comment Tayeb Louh et Abdelghani Hamel ont détruit la vie des leaders de la contestation des policiers dans les rues en octobre 2014

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Le dossier des 7 anciens hauts responsables de la DGSN est en train d’ébranler la justice algérienne jusqu’à son plus haut sommet. Algérie Part avait révélé précédemment les dessous de ce véritable scandale d’Etat étouffé médiatiquement en Algérie.
Et pourtant, cette affaire a été traitée en pleine séance publique par les magistrats du tribunal criminel de Mostaganem pour des faits graves et des accusations gravissimes. Ces 7 anciens commissaires divisionnaires ou chefs de sûreté de wilayas sont sous contrôle judiciaire depuis bientôt 4 ans. Et les dessous de cette affaire sont totalement troublants. Le principal accusé est Belouar Rachid, commissaire divisionnaire, ex-responsable des unités républicaines de sécurité et d’intervention, les fameuses brigades d’El-Hamiz à Alger qui interviennent lors des émeutes les plus dangereuses et les immenses mouvements de foule. Fin 2014, suite à l’inédit mouvement de contestation dans la rue des policiers algériens, ce haut responsable de la DGSN est mis à la retraite, à l’âge de 55 ans, dans des conditions intrigantes qui ont suscité une énorme polémique au sein des rangs de la police algérienne.

Mais plus tard, en 2015, cet ex-commissaire divisionnaire a été placé sous mandat de dépôt pendant près de 8 mois. Belouar Rachid a été accusé officiellement de participer « en connaissance de cause à une entreprise de démoralisation de l’armée ayant pour objet de nuire à la défense nationale ». Pis encore, cet ex-commissaire divisionnaire est soupçonné d’avoir divulgué un « renseignement, objet, document ou procédé qui doit
être tenu secret dans l’intérêt de la défense nationale ou dont la connaissance pourrait conduire à la découverte d’un secret de la défense nationale ». Des chefs d’inculpation hautement dangereux qui peuvent lui valoir jusqu’à 10 ans de prison ferme.

Le mercredi 25 décembre dernier, un coup de théâtre intervient au tribunal criminel de Mostaganem qui a décidé, lors de sa session extraordinaire, finalement d’innocenter ces sept commissaires de la police criminelle. Un fait inédit qui démontre que ces anciens hauts responsables de la DGSN ont fait l’objet d’une véritable cabale judiciaire ces 4 dernières années à cause d’une instrumentalisation politique de la justice algérienne. Il faut savoir que ces six (6) officiers  de police ont été poursuivis par le procureur de la République pour incitation à la violence, dommages à la défense nationale et entrave  au déplacement d’équipements militaires. Il s’agit de :  (B. Dahmani) ancien chef de la sécurité d’Adrar ; (B. Abdullah) ancien directeur régional de l’information (J. Djeffal)  ancien chef de la Sûreté Sécurité de  la Daïra de Maghnia ; (B. Jami), ancien chef adjoint de la sécurité de Relizane ; (A. Farqaq), ex-chef de la sûreté  de la wilaya de Sidi Bel Abbes ; (Bahloul.M), chef de la Sûreté de Saïda. Quant à B. Rachid, ancien chef  d’Etat-major des unités de la compagnie  nationale de sécurité (CNS),  il a été accusé d’incitation à la violence et acquisition de documents confidentiels après son admission à la retraite.

Aujourd’hui, la justice a réhabilité ces officiers qui ont été jeté en pâture à l’époque d’Abdelghani Hamel, ex-patron de la DGSN, et Tayeb Louh, ancien ministre de la Justice de 2013 à 2019. Cette réhabilitation aboutit à des conclusions qui font froid dans le dos concernant l’arbitraire de la justice employée au service du diktat politique dans le but de détruire ces officiers à l’origine de la contestation des policiers dans les rues en octobre 2014. A l’époque, des centaines, voire des milliers de policiers ont entamé une grève pour réclamer des revendications socioprofessionnelles et critiquer la gestion d’Abdelaghani Hamel.

Il s’avère ainsi que le chef sureté de wilaya de Mostaganem a été désigné à ce poste avec pour seule mission de trouver des boucs émissaires à sacrifier pour enterrer définitivement le scandale des manifestations de colère des policiers dans les rues de la capitale Alger.

Khellassi Samir, chef de sûreté de wilaya à  Mostaganem et Abbou Senouci, chef de la Police Judiciaire de Mostaganem ont clairement fomenté, fabriqué et monté une affaire de sûreté de l’Etat contre leurs anciens collègues sur instruction d’Abdelaghani Hamel. Ce dernier a exercé également de nombreuses pressions sur la justice notamment à travers le  Procureur général et et la Présidente de la Cour de Mostaganem dans le but de déclencher un véritable harcèlement judiciaire à l’encontre de ces 7 officiers frondeurs de la police algérienne. Une instrumentalisation de la justice accélérée également par Tayeb Louh, l’ex-ministre de la Justice.
Les conséquences furent malheureuses et le commissaire divisionnaire BELOUAR Rachid avait été placé sous mandat de dépôt alors que les autres commissaires ont été placés sous contrôle judiciaire et frappés d’une interdiction de sortie du territoire national (ISTN). Désormais, la vérité a éclaté et ces 7 anciens hauts responsables de la police algérienne peuvent faire valoir leurs droits à des indemnisations ou des excuses publiques.
D’autre part, Samir Khelassi, l’ex-Chef de sûreté de wilaya à Mostaganem, a été relevé de ses fonctions en juillet 2018 et fait l’objet d’une enquête diligentée par l’Inspection générale de la sûreté nationale et Abbou Senouci, l’ancien chef de la police judiciaire de Mostaganem, a été admis à la retraite et plusieurs scandales risquent de le rattraper.
Quant à Abdelghani Hamel, il croupit, en compagnie de ses enfants, à la prison d’El-Harrach depuis le début du mois de juillet dernier.  Tayeb Louh est lui-aussi emprisonné à El-Harrach depuis le 22 août dernier. Au tribunal de Sidi M’hamed, un procès important attent Abdelghani Hamel au début du mois de janvier prochain. L’ex-patron de la DGSN fait l’objet d’une plainte qui a été déposée par Amzert Said, ex-chef de la sûreté urbaine de Kouba à Alger. Cet officier de la police algérienne a lui-aussi été broyée par la machine de la vengeance parce qu’il avait refusé d’appliquer les instructions d’un certain Nourredine Berrachedi, l’ex-patron de la police à Alger, pour accorder un traitement de faveur et des privilèges à un certain… Kamel Chikhi, alias le Boucher. Cette affaire ne manquera pas prochainement de déclencher un énorme scandale judiciaire. Nous y reviendrons.

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