En avril, il défendait la priorité des articles 7 et 8 de la Constitution, en décembre il accepte de devenir le Premier-ministre de Tebboune

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L’universitaire et politologue Abdelaziz Djerad a pris samedi ses fonctions de Premier ministre lors d’une cérémonie de passation de pouvoirs avec  Sabri Boukadoum, qui était chargé d’assurer l’intérim de ce poste. La nomination dans ce poste de Premier-Ministre  par Abdelmadjid Tebboune d’Abdelaziz Djerad, qui est chargé de former le gouvernement, constitue une véritable surprise. Personne ne s’attendait à une telle nomination qui échappe aux grilles de lectures classiques du régime algérien. Mais est-ce pour autant une sérieuse avancée en faveur  de la démocratie et le développement du pays ? Pas sis sûr. 

Abdelaziz Djerad est, certes, un homme instruit. Son parcours est intéressant à bien des égards. Intellectuel respecté, cet universitaire est qualifié de « loyal » par plusieurs sources concordantes qui le connaissent. Ceci dit, l’homme dispose d’une expérience politique très réduite même si certains observateurs le présentent comme un fin connaisseur de l’administration algérienne. Nous y reviendrons. Abdelaziz Djerad se distingue surtout par un double-discours qui inquiète et soulève de nombreuses interrogations. En effet, au mois d’avril passé, cet universitaire et politologue s’était prononcé sur la question du Hirak en estimant que « pour une sortie de crise »,  il faut mettre en veilleuse « pour un moment précis l’article 102 et à accorder la priorité aux articles 7 et 8 afin », avait-t-il expliqué lors de ces interventions médiatiques dans les colonnes de plusieurs médias algériens notamment sur les ondes de la radio nationale la Chaine III.

A cette époque-là, Abdelaziz Djerad défendait les « revendications légitimes du peuple Algérien »  et appelait à en finir avec la présence de certaines personnes installées à la tête de l’État dont il jugeait qu’il faut les remplacer par d’autres plus crédibles, afin de dépasser la crise paralysant l’Algérie. Pour éviter au pays une crise majeure, Abdelaziz Djerad  appelait à prendre rapidement les mesures propres, à commencer par éliminer «les trois ou quatre» personnes posant problème et rejetées par le peuple. Et mettre en place, par la suite, les mécanismes et les instruments de remise en cause des Lois électorales et proposer une commission indépendante pour organiser et surveiller les prochaines élections présidentielles.

Il s’avère que ce discours n’a pas trouvé un écho favorable au plus haut sommet du pouvoir algérien puisque ce dernier organisé, certes, des élections présidentielles mais sans respecter l’article 7 et 8 de la Constitution et sans éliminer au préalable les 3 ou 4 personnes honnies par la population à l’image de Nourredine Bedoui. Mais cela n’a pas empêché Abdelaziz Djerad d’accepter le poste de… Premier-ministre. Il est, d’ailleurs, nommé par un Chef d’Etat entièrement rejeté et désavoué par le peuple algérien qui porte haut et fort encore ce Hirak sur lequel Abdelaziz Djerad ne tarissait pas d’éloges au mois d’avril dernier. Décidément, le Abdelaziz Djerad du mois de décembre n’est pas celui du mois d’avril. L’homme a changé sa vision et son discours. Nous verrons à partir de maintenant si ses convictions démocratiques résisteront à l’absolutisme du pouvoir algérien.

 

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