Abdelaziz Djerad, un profil intéressant, mais faible face un système qui va le broyer

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A 65 ans, Abdelaziz Djerad, le nouveau Premier-ministre algérien, est titulaire d’un doctorat en Sciences politiques. Abdelaziz Djerad est aussi un académicien reconnu par ses pairs qui dispose d’une solide connaissance des affaires internationales et de la haute administration algérienne.

Diplômé de la faculté des Sciences politiques d’Alger et docteur d’Etat de l’université Paris X-Nanterre, selon sa biographie, il a déjà exercé des hautes fonctions: secrétaire général de la présidence de la République de 1993 à 1995 et a travaillé sous la coupe de l’ancien Président de la République Liamine Zeroual, il a occupé la même fonction au ministère des Affaires étrangères de 2001 à 2003, lors du premier mandat d’Abdelaziz Bouteflika, qui l’avait ensuite écarté.

Il a aussi été directeur de l’école nationale d’administration (ENA) d’Alger, de 1989 à 1992, et est l’auteur de plusieurs ouvrages. Produit de l’école algérienne, sans attaches partisanes connues, le profil de ce technocrate enlève un argument majeur aux détracteurs du pouvoir, à qui il est reproché de marginaliser les compétences.

Mais, dans le même temps, le mouvement de contestation, qui a obtenu en avril la démission d’Abdelaziz Bouteflika, s’est jusqu’ici montré intransigeant sur sa volonté d’obtenir le départ de l’ensemble du « système » au pouvoir ces dernières décennies. Pour se faire accepter par la rue, Abdelaziz Djerad devra donc prouver son efficacité dés les premiers jours. Et pour ce faire, il devra avoir les pleins pouvoirs et une marge de manoeuvre très importante. C’est, d’ailleurs, à ce niveau-là que toutes les questions se posent. Djerad sera-t-il le véritable chef d’orchestre ou servira-t-il à jouer le rôle de « l’intellectuel du service » pour faire bon figure à l’international ? Les prochains jours nous apporteront les réponses à cette question. En attendant, le Chef de l’Etat Tebboune n’a toujours rien fait pour libérer les détenus d’opinion et politiques ni pour arrêter la répression policière contre les activistes du Hirak. Et c’est dans ce contexte d’illégitimité et de colère populaire que le nouveau Premier-ministre, Abdelaziz Djerad a pris ses fonctions. Ce qui ne manquera pas de jeter sur lui un énorme discrédit. Et sans assise populaire et un enracinement démocratique, Abdelaziz Djerad risque d’être broyé par la machine administrative et sécuritaire infernale du pouvoir algérien.

 

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