L’ENTV est entrée officiellement dans l’histoire mondiale de la propagande. Et par la plus petites des portes. Le récent reportage  préparé par l’ENTV sur le Hirak à Oran verse dangereusement dans l’incitation à la haine et entretient le régionalisme crasseux qui divise les Algériens et renforce la discrimination entre nos compatriotes. Mais derrière ce reportage qui diabolise outrageusement le Hirak et ses activistes se cache des enjeux politiques internes que les hauts responsables de l’ENTV veulent étouffer pour préserver leurs fonctions. 

En effet, ce reportage haineux digne des procédés les plus infâmes de la manipulation des masses a été commandé par le directeur général de l’ENTV, Salim Rebahi. Et si ce dernier a recouru à la manipulation ordurière pour plaire aux décideurs du pouvoir algérien, c’est parce que sa tête est mise à prix et le DG de l’ENTV risque d’être limogé d’un moment à l’autre dans les jours à venir.

Et pour cause, Salim Rebahi s’est distingué lors de la récente campagne électorale pour les élections présidentielles par un parti-pris flagrant en faveur du candidat Azzedine Mihoubi. Le patron de l’ENTV a été influencé par des décideurs militaires et des hauts responsables du gouvernement Bédoui pour orienter la couverture médiatique de l’ENTV en faveur du candidat Azzedine Mihoubi, l’homme qui fut choyé par quelques chapelles au sein de l’establishment militaire et un lobby d’affairistes assoiffés de pouvoir. 

La direction de campagne d’Abdelmadjid Tebboune s’est, d’ailleurs, plaint officiellement contre les agissements de l’ENTV auprès de l’Autorité Indépendante de l’organisation des élections (ANIE). Les meetings de Mihoubi ont été, de loin, les plus médiatisés par l’ENTV qui avait recouru à des gros plans renforcés par des montages rusés pour donner l’impression que le leader du RND est celui qui mobilise les foules lors de la campagne électorale.

Ce parti-pris qui viole la sacro-sainte neutralité de la chaîne publique a été rendu possible par les directives communiquées directement par le patron de l’ENTV, Salim Rebahi au responsable de la cellule dès élection au sein de l’ENTV, Hichem Akli. Et ce dernier exécutait les ordres sans discuter pensant lui-aussi que Mihoubi, le candidat d’une partie du pouvoir algérien, saura récompenser généreusement ceux et celles qui ont milité en sa faveur au sein même de la télévision d’Etat. 
D’autres hauts responsables de l’ENTV ont marché dans cette combine à l’image de Sahraoui Youcef, directeur de l’information,  Zerouki Adlène, responsable du service de l’information à Canal Algérie et Nabil Hamadache, directeur de l’information au niveau de la A3, l’une des chaînes filiales de l’ENTV.
Ces responsables de la chaîne de l’Etat, de fonctionnaires se sont transformés en lèche-bottes dévoués à la cause de Mihoubi croyant naïvement, eux-aussi, que le pouvoir militaire a adoubé définitivement Azzedine Mihoubi pour le désigner comme le futur Président de la République.
Le soir du 12 décembre, c’est le choc.  Salim Rebahi et ses collaborateurs à l’ENTV découvrent qu’ils ont été menés en bateau. Conscients qu’ils feront bientôt les frais d’une vague de limogeages et d’un mouvement de changement au sein de l’ENTV à la suite de l’intronisation d’Abdelmadjid Tebboune, les lèche-bottes de la télévision de l’Etat ont accéléré la manipulation de masse pour casser le Hirak et diaboliser honteusement les manifestants pacifiques algériens dans l’espoir de se racheter auprès des nouveaux locataires du Palais Présidentiel d’El-Mouradia.

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