Et maintenant que fera la Cour Suprême avec le dossier de Khaled Tebboune, le fils du Président de la République ?

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C’est donc officiel. A partir de ce lundi 16 décembre, Abdelmadjid Tebboune est bel et bien le nouveau Président de la République en Algérie. Le Conseil Constitutionnel a confirmé officiellement ce lundi son élection. Ceci dit, l’Algérie vit une situation inédite car le fils de ce nouveau Président de la République, Khaled Tebboune, est en… prison ! Et son dossier se trouve depuis plus de 45 jours au niveau de la Cour Suprême. Cette haute juridiction, la plus importante en Algérie, pourrait-t-elle, désormais, traiter ce dossier en toute objectivité et en toute impartialité ? 

C’est la question qui hante, aujourd’hui, tous les juristes algériens. Pour la première fois, l’Algérie se retrouve avec un nouveau Chef de l’Etat dont le fils est placé en détention provisoire depuis plus 16 mois. En effet, Khaled Tebboune est enfermé à la prison d’El-Harrach depuis l’été 2018 à la suite de la chute de l’oligarque et milliardaire Kamel Chikhi, alias le Boucher, le principal suspect du scandale de la cocaine du port d’Oran. 

Selon nos investigations, le dossier de Khaled Tebboune est au niveau de la Cour Suprême depuis plus d’un mois et demi en raison d’un conflit opposant le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed au Procureur de la République du même tribunal. Le premier, à savoir le juge d’instruction, a voulu requalifier les faits en transférant le dossier de Khaled Tebboune à la chambre correctionnelle estimant que les faits qui lui sont reprochés relèvent uniquement du « délit ». Le Procureur de la République a refusé de valider cette démarche juridique car il a considéré que le dossier de Khaled Tebboune doit demeurer au niveau de la chambre criminelle prétextant que les faits reprochés à Khaled Tebboune relèvent du « crime ».

Ce conflit juridique a été porté jusqu’à la Cour Suprême qui doit rendre sa réponse et trancher sur la nature des qualifications des accusations qui sont portées à l’encontre de Khaled Tebboune. Il faut savoir que dans la loi algérienne, le délit est puni moins sévèrement que le crime.

Aujourd’hui, ce dossier prend incontestablement une connotation politique car Khaled Tebboune est, dorénavant, le fils du Président de la République et le premier… magistrat du pays ! La justice algérienne pourra-t-elle défendre son indépendance face au Président de la République si ce dernier est tenté d’exercer son pouvoir pour obtenir la relaxe de son fils ? Cette question se pose avec beaucoup d’acuité et trouve tout son sens dans le contexte politique actuel que traverse notre pays.

 

 

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